Attentat de Nice : le chef de cabinet d’Emmanuel Macron entendu par la justice

Article réservé aux abonnés

Des soldats sur la Promenade des Anglais après l’attaque de Nice, le 19 juillet 2016.
Des soldats sur la Promenade des Anglais après l’attaque de Nice, le 19 juillet 2016. VALERY HACHE / AFP

Emmanuel Macron risque-t-il d’avoir de nouveau un collaborateur inquiété par la justice ? Selon les informations du Monde, le chef de cabinet de l’Elysée, François-Xavier Lauch, a été entendu par deux juges d’instruction, vendredi 22 mars, dans le cadre de l’enquête pour mise en danger de la vie d’autrui concernant le dispositif de sécurité du 14 juillet 2016 à Nice. L’attentat au camion-bélier commis ce soir-là par Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait fait 86 morts et 458 blessés.

M. Lauch, qui était, à l’époque des faits, directeur de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes, a répondu toute la journée aux questions d’Alain Chemama et Chantal Russo, en tant que témoin assisté. Ce statut indique que ce haut fonctionnaire de 37 ans est directement mis en cause dans le dossier, même si les éléments ne justifient pas pour le moment sa mise en examen. Les charges qui pourraient peser sur celui qui était à la fois aux commandes des préparatifs de sécurité de l’événement et d’« astreinte préfectorale » le 14 juillet, sont lourdes : si l’information a été ouverte pour mise en danger de la vie d’autrui, les magistrats ont signifié à M. Lauch qu’ils entendent « examiner les faits sous l’angle de l’homicide et des blessures involontaires ».

La justice s’intéresse particulièrement aux deux réunions pendant lesquelles a été déterminé le dispositif de sécurité autour de la Prom’ Party, le nom de l’événement englobant le feu d’artifice du 14-Juillet et les concerts sur la promenade des Anglais.

Lors de la première réunion, le 28 juin 2016, à laquelle le directeur de cabinet du préfet s’était fait représenter, la pose de barrières de sécurité avait été recommandée par un commandant de police, avec la mise en place d’une « zone fermée ». Mais cette hypothèse avait été écartée au profit d’un dispositif dit « ouvert » lors de la réunion suivante, le 7 juillet, dirigée cette fois-ci personnellement par M. Lauch. « J’ai eu connaissance du débat sur la mise en place ou pas de barriérage », reconnaît-il devant les juges, évoquant également des « dispositifs en plastique remplissables » qui ne seront pas non plus utilisés. Interrogé par la police en septembre 2016, le directeur de cabinet avait pourtant assuré que « le positionnement d’obstacles sur les accès amenant à la Prom’ Party n’a été envisagé à aucun moment des réunions préparatoires ».

Article source: https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/04/attentat-de-nice-le-chef-de-cabinet-d-emmanuel-macron-entendu-par-la-justice_5445470_3224.html

Attentat de Nice : le chef de cabinet d’Emmanuel Macron entendu par la justice

Article réservé aux abonnés

Des soldats sur la Promenade des Anglais après l’attaque de Nice, le 19 juillet 2016.
Des soldats sur la Promenade des Anglais après l’attaque de Nice, le 19 juillet 2016. VALERY HACHE / AFP

Emmanuel Macron risque-t-il d’avoir de nouveau un collaborateur inquiété par la justice ? Selon les informations du Monde, le chef de cabinet de l’Elysée, François-Xavier Lauch, a été entendu par deux juges d’instruction, vendredi 22 mars, dans le cadre de l’enquête pour mise en danger de la vie d’autrui concernant le dispositif de sécurité du 14 juillet 2016 à Nice. L’attentat au camion-bélier commis ce soir-là par Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait fait 86 morts et 458 blessés.

M. Lauch, qui était, à l’époque des faits, directeur de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes, a répondu toute la journée aux questions d’Alain Chemama et Chantal Russo, en tant que témoin assisté. Ce statut indique que ce haut fonctionnaire de 37 ans est directement mis en cause dans le dossier, même si les éléments ne justifient pas pour le moment sa mise en examen. Les charges qui pourraient peser sur celui qui était à la fois aux commandes des préparatifs de sécurité de l’événement et d’« astreinte préfectorale » le 14 juillet, sont lourdes : si l’information a été ouverte pour mise en danger de la vie d’autrui, les magistrats ont signifié à M. Lauch qu’ils entendent « examiner les faits sous l’angle de l’homicide et des blessures involontaires ».

La justice s’intéresse particulièrement aux deux réunions pendant lesquelles a été déterminé le dispositif de sécurité autour de la Prom’ Party, le nom de l’événement englobant le feu d’artifice du 14-Juillet et les concerts sur la promenade des Anglais.

Lors de la première réunion, le 28 juin 2016, à laquelle le directeur de cabinet du préfet s’était fait représenter, la pose de barrières de sécurité avait été recommandée par un commandant de police, avec la mise en place d’une « zone fermée ». Mais cette hypothèse avait été écartée au profit d’un dispositif dit « ouvert » lors de la réunion suivante, le 7 juillet, dirigée cette fois-ci personnellement par M. Lauch. « J’ai eu connaissance du débat sur la mise en place ou pas de barriérage », reconnaît-il devant les juges, évoquant également des « dispositifs en plastique remplissables » qui ne seront pas non plus utilisés. Interrogé par la police en septembre 2016, le directeur de cabinet avait pourtant assuré que « le positionnement d’obstacles sur les accès amenant à la Prom’ Party n’a été envisagé à aucun moment des réunions préparatoires ».

Article source: https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/04/attentat-de-nice-le-chef-de-cabinet-d-emmanuel-macron-entendu-par-la-justice_5445470_3224.html