Brodeuses. 10 ans, l’heure du bilan

Gérard Mourrain est président des Brodeuses depuis 2009.

Voilà maintenant dix ans que Gérard Mourrain est le président de l’association des Brodeuses. À l’heure où l’événement traverse une grave crise, nous avons ouvert nos archives. Retour sur une décennie mouvementée.

2009

Gérard Mourrain, 55 ans, devient président. Il est membre du comité depuis 2002. Stéphane Le Lay quitte la présidence après huit ans de mandat « pour raisons professionnelles ». Gérard Mourrain indique qu’il s’engage dans la continuité, il ne souhaite pas « changer une fête qui gagne ». Comme en 2008, la fête draine environ 30 000 spectateurs sur quatre jours avec 10 000 entrées payantes. Un succès avec 14 000 € d’excédent.

2010

Édition mitigée avec 900 € de déficit. Rien de catastrophique mais le président note « un essoufflement certain de la fréquentation ». On parle déjà, à l’heure du bilan, de réinventer les Brodeuses pour ne pas lasser.

2011

L’événement, pour la première fois, passe à cinq jours. La fréquentation n’est pas à la hauteur des espérances. Denez Prigent, en tête d’affiche, attire seulement 1 000 personnes au lieu des 1 500 attendues. Le feu d’artifice, historiquement financé par le centre E.Leclerc de Pont-l’Abbé, disparaît, conséquence de la fin du partenariat.

2012

La formule des cinq jours est conservée. Douze mille personnes participent à la fête le dimanche au lieu des 15 000 attendues. Gwennyn en tête d’affiche fait un flop (à peine 150 entrées). On évoque alors une édition mitigée avec tout de même un bénéfice de 6 000 €

2013

Retour du feu d’artifice. Les Brodeuses repassent à quatre jours. L’association des commerçants refuse d’être partenaire, une première. L’édition est déficitaire de 15 000 €. C’est la plus mauvaise année depuis 2000. Les spectacles programmés au Triskell ne fonctionnent pas. « Lamentable », commente le président dans nos colonnes. Il ne comprend pas cette désaffection du public. « Il faut se demander si Pont-l’Abbé mérite cette fête. On a parfois l’impression qu’on l’embête », déclare-t-il.

2014

Retour à cinq jours pour les 60 ans de la fête. Et une nouveauté de taille : l’installation d’un chapiteau place des Carmes. La structure accueille notamment les Ramoneurs de Menhirs. Trente-deux mille personnes participent à la fête. Un bon cru malgré un léger déficit de 3 500 €. Le président annonce son départ à la fin des festivités après un bilan qu’il estime « satisfaisant ».

2015

Gérard Mourrain reste finalement président. « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », explique-t-il au journal. La fête se déroule toujours sur cinq jours avec le chapiteau. Trente mille personnes sont comptabilisées pour un bilan « globalement satisfaisant » avec Soldat Louis en tête d’affiche. Le dimanche totalise 6 000 entrées payantes, au lieu des 7 000 escomptées.

Gérard Mourain, président des Brodeuses depuis 2009.

2016

La « Fête » qui se veut désormais être un « festival » perd à nouveau son feu d’artifice et passe à six jours (une première), toujours avec le chapiteau installé place des Carmes. La formule osée avec un mélange des genres ne séduit pas. La météo, qui plus est, n’est pas de la partie. L’association enregistre 35 000 € de déficit. « Je ne cherche même plus à savoir pourquoi les Pont-l’Abbistes ne sont pas dans la rue », déclare Gérard Mourrain. À l’issue de cette édition, Yves Canévet, vice-président, en désaccord, démissionne.

2017

Retour aux quatre jours. L’association demande à la municipalité de le financer le feu d’artifice (plus de 10 000 €) mais cette dernière refuse. Sous chapiteau, Tri Yann, la tête d’affiche, remplit le contrat. La fréquentation pour l’ensemble du festival est évaluée entre 27 000 et 30 000 personnes. L’édition jugée « satisfaisante » affiche un excédent de 4 000 €.

2018

Une édition vue comme « un mille-feuille de points négatifs », selon Gérard Mourrain. Le télescopage avec la Coupe du monde de football ne fait pas bon ménage. La tête d’affiche Carlos Nuñez ne rassemble pas autant qu’espéré. La fréquentation du défilé est la plus mauvaise depuis 25 ans. Résultat : 38 000 € de déficit. De nombreux couacs dans l’organisation ponctuent cette édition. Une autre historique, Catherine Mahéo, jette l’éponge. À l’heure du bilan, le président évoque sans détour sa démission. Mais, nouvelle surprise. En décembre, Gérard Mourrain se représente à la présidence et la remporte par huit voix contre trois, face à l’ancien vice-président Johny Meur. Ce dernier démissionne, à son tour, du conseil administration quelques semaines plus tard. Les tensions avec le maire sont palpables. Fin décembre, le premier magistrat provoque une rencontre avec le bureau de l’association. Une réunion tendue dans laquelle il demande des engagements garantissant la bonne tenue de la prochaine édition. Le dialogue est renoué pour « sauver la fête ».

2019

La 66e édition est programmée les 12, 13 et 14 juillet. Une version allégée (sans chapiteau) en raison des contraintes financières. La programmation sera dévoilée prochainement. « Les Brodeuses ont déjà traversé des moments difficiles dans le passé, nous allons nous retrousser les manches », positive le président. La municipalité a décidé, désormais, de réunir plus régulièrement la commission municipale dédiée aux Brodeuses. Elle souhaite aussi devenir membre de droit du conseil d’administration de l’association. « Le déroulement de l’édition 2019 sera crucial pour l’avenir des Brodeuses », souligne le maire lors de ses vœux à la population le 17 janvier.

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