Capdenac-Gare : il construit sa Tour Eiffel !

On connaissait la cité cheminote pour son nœud ferroviaire, l’un des plus importants du Grand Sud-Ouest. On la connaîtra bientôt pour sa Tour Eiffel. C’est du moins le souhait d’Alain Lacombe, un artisan charpentier capdenacois qui s’est attelé à la construction d’une reproduction de la célèbre Dame de fer. Ce projet un peu fou, Alain Lacombe y croit dur comme fer. À tel point qu’il y consacre toutes ses soirées et ses week-ends depuis le 13 décembre 2017. « J’y pense tout le temps, concède-t-il le regard un peu amusé. En fait, chaque jour, je n‘ai qu’une hâte, c’est de retourner à l’atelier pour poursuivre la construction. »

Formation d’artificier

Et quelle construction… Au regard du travail déjà accompli, il est difficile de ne pas adhérer à son projet. Car l’objectif d’Alain Lacombe n’est pas seulement de bâtir une reproduction fidèle, « au 1/15e, plus ou moins », de la Tour Eiffel. Non. Ce que souhaite l’artisan, c’est qu’une fois terminée, « à l’été 2020, si tout va bien », sa tour de 26 mètres de haut et de 10 tonnes, soit, dans un premier temps, déplacée jusqu’au stade des berges du Lot, pour être intégrée au spectacle pyrotechnique du 14 juillet et servir de rampe de lancement pour le feu d’artifice. « C’est pour ce feu d’artifice que l’idée de la Tour Eiffel a jailli », raconte Alain Lacombe, qui porte également la casquette de président du comité des fêtes de la ville.

Du feu d’artifice fait maison

« J’ai longtemps été simple adhérent, je n’y connaissais rien en spectacle et en organisation ». Pourtant, un jour, l’artificier de la société chargée de tirer le feu lui propose de le former aux rudiments de la pyrotechnie. « Ça m’a plu et j’ai finalement persévéré », précise-t-il. À tel point que depuis maintenant 3 ou 4 ans, c’est lui qui tire le feu d’artifice de Capdenac-Gare.

Et ce dernier prend chaque année davantage d’ampleur. « Le festival pyrotechnique de Decazeville a baissé le rideau. D u coup, dans le coin, notre spectacle, qui est entièrement gratuit, est de plus en plus couru. On fait absolument tout nous-mêmes et cela permet de faire de sacrées économies », souligne-t-il.

Chaque année, en famille, un nouveau spectacle d’une vingtaine de minutes environ est ainsi créé. « Si la Ville devait faire appel à un prestataire privé, la facture s’élèverait à 30 000 €, alors qu’avec du fait maison, ça coûte 9 000 €. C’est déjà une belle somme. Mais le spectacle fait figure de belle vitrine pour Capdenac. Cela attire énormément de monde », indique cet amoureux de sa ville.

Pour augmenter encore la qualité de la prestation, sans augmenter le budget, il fallait donc trouver une idée. « C’est ma fille qui a eu l’idée de la Tour Eiffel. J’ai tout de suite accroché », précise celui qui a entraîné sa femme et ses trois filles dans « cette belle aventure ».

« Sans leur soutien, rien de tout cela n’aurait été possible », reconnaît-il volontiers. Pas homme à faire les choses à moitié, Alain Lacombe se documente et se rend même plusieurs fois à Paris pour photographier sous tous les angles le monument emblématique de la capitale.

Des mois de travail

« Elle sera identique dans ses moindres détails », dit-il en montrant les frises en acier ornant les quatre arches du premier étage. Le charpentier a poussé le détail jusqu’à avoir le même nombre de fers croisés sur les deux tours. La prouesse est d’autant plus grande qu’il œuvre avec les moyens du bord.

« Je ne suis pas équipé pour ce genre de travail, mais en réfléchissant bien et en tâtonnant on finit par y arriver », précise-t-il. Après avoir consacré 1 600 heures de labeur au premier étage, puis encore 4 mois pour le deuxième, Alain Lacombe s’attelle désormais à la réalisation du troisième.

« Vu que la tour se resserre, ça devrait aller plus vite. Ensuite j’attaquerai le clocheton et on fera une belle fête pour l’inauguration, avant de la démonter pour la transporter au stade des Berges où chaque élément sera de nouveau assemblé pour le temps du spectacle ».

Gageons que la vision de cette Tour Eiffel de près de 30 mètres de haut sur les berges du Lot devrait produire son effet sur les touristes qui ne manqueront pas de s’arrêter pour réaliser des clichés.

Jeux Olympiques 2024

« C’est tout ce que je souhaite », glisse l’artisan, avant de se remettre au travail. « Ce monument, je le vois comme un complément pour le territoire. Après la fête, si on lui trouve un bel emplacement, c’est certain que cela contribuera à doper l’attractivité de la ville. Surtout si on associe notre tour à celle de Paris dans l’optique des Jeux olympiques de 2024. On pourrait faire le parallèle », lâche l’homme qui ne manque visiblement pas d’idées pour accroître la renommée de sa ville. D’ailleurs, en guise d’emplacement final, Alain Lacombe a aussi sa petite idée.

« Derrière la vieille locomotive, mais dans l’axe de l’avenue Gambetta. Vous imaginez la perspective en arrivant du pont ? » C’est vrai que la vision ne laisserait personne indifférent.

Reste à espérer que les élus trouvent l’idée à leur goût. « Pour l’instant, ils sont à nos côtés, mais sans vraiment être à fond. Ils attendent peut-être de voir l’engouement que cela va susciter avant de nous soutenir pleinement », imagine l’artisan. « On verra bien. En tout cas, si c’est pour qu’elle termine dans un coin où personne ne la verra, je préfère la garder chez moi », conclut Alain Lacombe.

Au regard de l’intérêt que suscite déjà son projet, il y a peu de chance d’en arriver là.

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