Devant chez Lacroix à Muret, les gilets jaunes empêchés de mettre le feu aux poudres

Dure dure la vie de «gilet jaune»… Hier matin, une poignée d’entre eux avait décidé de se rendre à Muret sur le site de l’entreprise Etienne Lacroix, spécialiste du feu d’artifice, mais également siège social du groupe éponyme. L’usine de fabrication est située à Sainte-Foy-de-Peyrolières, à une quinzaine de kilomètres de Muret, mais les Gilets jaunes – sans leur chasuble pour ne point se faire repérer- ont quand même essayé de faire parler la «poudre» en menant différentes actions. Histoire de rappeler à ceux qui l’ignorent que le groupe Etienne Lacroix possède au moins une filiale, «Alsetex» (dans la Sarthe), coupable selon les Gilets jaunes de fabriquer et vendre à l’Etat les composants de certaines grenades, celles-là mêmes qui peuvent blesser, éborgner, mutiler et atrophier depuis quatre mois et demi et 19 samedis, de simples militants de la cause sociale.

L’inscription sur la géante banderole déployée seulement quelques minutes sur le rond-point nord d’entrée de Muret, hier matin, rappelait d’ailleurs le nombre de blessés du mouvement depuis le 17 novembre dernier. «Seulement quelques minutes de banderole déployée», disions-nous, car aussitôt la première action menée, les gendarmes muretains (compagnie + PSIG) tombèrent à bras raccourcis sur les Gilets jaunes, priés de remballer leur banderole, mais aussi de cesser de tracter lors d’un commencement d’opération filtrage au niveau du rond-point nord.

Petit jeu du chat et de la souris entre forces de l’ordre et militants, une cinquantaine tout au plus, dont certains devaient se faire contrôler et même interpeller pour refus d’obtempérer. Où l’on vit même une militante tenter de s’échapper dans un champ, coursée par un gendarme qui la ceintura puis la plaqua au sol, le nez dans l’herbe, avant d’être emmenée dans le véhicule de la gendarmerie.

«La répression se fait chaque jour plus féroce. Le maintien de l’ordre protège l’Etat et non le peuple. Il est à la fois un placement politiquement rentable pour le pouvoir, apeuré par sa chute possible, et un commerce juteux», débusquent les Gilets jaunes. Qui ont promis, malgré ce matage en bonne et due forme, de revenir mener d’autres actions. À Muret ou ailleurs.

Article source: https://www.ladepeche.fr/2019/03/30/devant-chez-lacroix-a-muret-les-gilets-jaunes-empeches-de-mettre-le-feu-aux-poudres,8100512.php