Feux d’artifice du 14-juillet à Carcassonne: «On doit être le plus précis possible»

La société Lacroix-Ruggieri, qui produit le spectacle de ce vendredi soir (22 h 30) livre ses secrets de fabrication.

Ce n’est pas lui qui appuie sur le bouton. Mais c’est lui qui, avec l’équipe artistique de la société Lacroix-Ruggieri, a pensé l’ensemble des 25 minutes et 10 secondes du grand spectacle pyrotechnique de ce soir. Thomas Armengaud nous livre les secrets du plus beau feu d’artifice de France.

Avant tout, comment se porte le métier d’artificier dans le contexte actuel ?

Au final, la situation touche plus nos clients. On conçoit nos presque de la même manière. Ce sont les municipalités qui doivent jongler avec les demandes de mesures qui sont faites sur la sécurité. Cette année, beaucoup d’appels d’offres ont été lancés très tôt. Pour prendre l’exemple de Nice, cette année il y a eu de grandes discussions suite à l’attentat. Beaucoup de communes nous ont demandé des choses qui font moins de bruit. Même si une explosion reste une explosion. Mais finalement, il y a eu très peu de reportés. À notre niveau, on ne le ressent pas spécialement.

La problématique sécuritaire est-elle plus forte aujourd’hui ?

On demande beaucoup plus de détails sur le planning, les activités interactives sont plus cadrées que les autres années. On était déjà soumis à des règles drastiques. L’échelle de la sécurité était déjà relativement haute. Mais les gens sont plus attentifs, c’est sûr.

Comment produire un spectacle de cette ampleur autour d’un site comme la Cité médiévale ?

Un site classé exige des méthodes de travail spécifiques. On ne peut pas s’accrocher sur les remparts. Ce sont des conditions inhérentes à un site classé. L’équipe de création, ce sont des gens qui viennent d’horizons divers. Quand on crée un feu, on part d’idées différentes, on regarde comment on peut mettre en œuvre les tableaux. Cela doit raconter une histoire, comme cette année autour des « fées », qui viennent susurrer à l’oreille des spectateurs.

On rêve d’abord. Sur le feu global, il faut une trame, des points d’accroche, comme au cinéma ou en BD. Puis on s’adapte au site. On sait que quand on crée un tableau blanc lumineux, le Cité s’éclaire. Même s’il ne comprend pas tout ce que l’on veut faire, il doit y avoir quelque chose de remarquable pour le public. On ne tire qu’une fois. On doit être le plus précis possible.

Quelles nouveautés sont à attendre ce soir ?

Il y aura des bombes géométriques, des bombes smileys, certains produits au magnésium. On va avoir des bombes à changement de couleur. Parfois on va utiliser les mêmes produits, mais on va travailler sur les angles. Si on tire au même endroit, il faut trouver autre chose. Le but est de se renouveler. Quand on crée un nouveau scénario, on ne recycle pas ce qu’on a fait l’an dernier.

Qu’est-ce que l’effet « waouh », qui intitule votre spectacle ?

C’est un jeu de même entre les fées et l’effet waouh. On démarre toujours avec une réflexion sur ce qu’on veut produire chez le spectateur. On a ensuite découpé 14 tableaux dont chacun a des adjectifs correspondants. Par exemple, romanesque, merveilleuse, élégante… On essaie d’obtenir une corrélation entre les adjectifs, l’univers rattaché et la .

Un message pour les spectateurs ?

Que les gens ne viennent pas avec des pétards, qu’ils nous laissent faire. Il faut voyager léger. Mais surtout qu’ils passent un bon moment en famille, dans un bon état d’esprit.

Article source: http://www.lindependant.fr/2017/07/13/feux-d-artifice-du-14-juillet-a-carcassonne-on-doit-etre-le-plus-precis-possible,3034007.php feux d'artifice, pyrotechnie, artificier / pyrotechnie