Gilets jaunes : le principal fabricant d’armes de maintien de l’ordre est installé près de Toulouse

Les armes destinées au maintien de l’ordre font de plus en plus polémique.
Les lanceurs de balles de défense, grenades de désencerclement ou lacrymogènes instantanées sont largement utilisés par les forces de l’ordre depuis le début du mouvement des gilets jaunes.

Selon le collectif « Désarmons les », 128 manifestants ont été blessées depuis le début du mouvement le 17 novembre dernier, et environ 20 personnes été éborgnées (dont un Toulousain). 
 

Siège social à Muret

D’après nos informations, c’est le Groupe Etienne Lacroix, dont le siège social est à Muret, qui fabrique la plupart de ces armes non létales. 

Ce groupe affiche 139 millions de chiffre d’affaire, il fabrique des lanceurs, grenades et projectiles pour les lanceurs de balle de défense, qui sont eux produits par l’entreprise suisse Brügger Thomet.

Ce dernier, pointé du doigt après les différentes blessures des manifestants, s’est fendu d’un communiqué accusant à demi-mot les munitions françaises, et donc, implictement, le groupe Lacroix. « En ce qui concerne les accusations d’imprécision et de dangerosité de l’appareil (LBD 40) , nous devons prendre en compte le fait que, comme nous l’avons déjà dit, les munitions utilisées portent la principale responsabilité des effets et de la précision. Les munitions utilisées en France n’ont pas été conçues, fabriquées ni livrées par BT AG.« , peut-on y lire.

De la Haute-Garonne à l’Ariège

Et effectivement, les munitions pour LBD utilisées en France sont produites par Alsetex, qui est une filiale de Lacroix depuis 2006.
Le groupe Etienne Lacroix a aussi racheté Ruggieri en 1997, société de pyrotechnique de Mazères en cessation de paiement.
On fabrique désormais en Ariège les grenades de désencerclement. Lacroix a délocalisé sa production de Muret à Mazères en 2003 et ce déménagement avait provoqué un conflit social.
Les Gli-F4, remplies au TNT et qui peuvent arracher une main sont produites dans la Sarthe selon une source proche de l’entreprise.

Le 3e site haut-garonnais du groupe, à St-Foy-de-Peyrolières est spécialisé dans les feux d’artifice. 

« On répond aux demandes du ministère de l’Intérieur »

Contacté, le Groupe Etienne Lacroix nous a précisé que « l’ensemble de ses produits de maintien de l’ordre utilisés en France répondent aux exigences techniques de ses clients »  et nous renvoie vers le Ministère de l’Intérieur qui  « spécifie et achète [nos] produits ».

 

Une manif dans le calme ce mardi

Ce mardi 5 février, entre 8 500 et 12 000 personnes, dont des gilets jaunes, ont défilé à Toulouse, dans le calme à l’appel de la CGT, de Sud et de Solidaires. Il n’y a pas eu de casse ni de débordements. Le matin, des gilets jaunes avaient bloqué le péage nord de Toulouse, entraînant de nombreux bouchons sur la rocade et l’A62. 

A noter aussi que la loi dite « anti-casseurs » a été adoptée à l’Assemblée nationale mais 50 députés En Marche, dont la Haut-garonnaise Sandrine Mörch, se sont abstenus dénonçant notamment la possibilité pour les préfets d’interdire certaines personnes de manifester. 

-B.V avec C.F. –

(Photos : © Maxppp – Franck Dubray / BV)

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Article source: https://www.centpourcent.com/les-infos-10/gilets-jaunes-le-principal-fabricant-d-armes-de-maintien-de-l-ordre-est-installe-pres-de-toulouse-10185