Hommages au combattant Jean Gabin, une facette méconnue du personnage – Ouest

De 1943 à 1945, l’acteur a fait partie des Forces Françaises Libres, chef de char à la 2e DB. Un épisode méconnu, mis en lumière à Paris, mais aussi à Moulins-la-Marche (Orne), où Gabin a vécu.

« La guerre, c’est pas du cinéma », disait Jean Gabin (1904-1976). L’acteur savait de quoi il parlait : d’avril 1943 à juin 1945, la star était devenue le second-maître Jean Moncorgé, engagé dans le Régiment blindé de fusiliers marins (RBFM) au sein des Forces Françaises Libres (FFL).

Jean Gabin est toujours resté humble et discret sur ces vingt-sept mois passés sous l’uniforme. Deux événements mettent aujourd’hui cette période en lumière.

D’abord une exposition au musée Leclerc à Paris ; ensuite, un hommage de trois jours à Moulins-la-Marche, dans l’Orne, où l’acteur a acheté une ferme en 1952. « Jean Gabin le combattant, c’est une facette méconnue du personnage. Elle montre sa force de caractère et son courage », souligne l’enseignant alençonnais Christophe Bayard, fondateur de l’association Vive la Résistance et vice-président de la Fondation de la France Libre, à l’origine du rendez-vous ornais.

Mobilisé en 1939 comme marin à Cherbourg, puis revenu à la vie civile après la défaite, Gabin refuse de tourner pour les Allemands et s’expatrie aux États-Unis en 1941. Il veut s’engager dans les FFL mais l’armée préfère lui faire tourner L’imposteur, film de propagande gaulliste.

Unité combattante

Il revient à la charge et obtient enfin d’embarquer en avril 1943 à bord d’un escorteur accompagnant des pétroliers de l’Atlantique jusqu’en Algérie. « L’armée souhaite préserver Gabin mais lui cherche absolument à intégrer une unité combattante », continue Christophe Bayard.

Il suit une formation de conducteur de tank et, à l’automne 1944, intègre la division Leclerc. À 40 ans, avec l’équipage du Souffleur 2, le plus vieux chef de char de la 2e DB participe à la libération de la poche de Royan puis à la campagne d’Allemagne jusqu’à Berchtesgaden.

Après guerre, l’acteur a résidé longtemps dans l’Orne. Demain et ce week-end, l’hippodrome Jean-Gabin accueillera la reconstitution d’un camp militaire, avec de nombreux véhicules d’époque, dont un char du RBFM, et une centaine de reconstituteurs. « C’est un événement grand public, historique, pédagogique et gratuit. Il y aura des expositions sur Gabin, la 2e DB, des conférences et la présence de l’officier de marine qui a accompagné les cendres de Gabin, dispersées au large de Brest. »

Le feu d’artifice, samedi, sera précédé d’un message d’amitié d’Alain Delon.

Vendredi 3 novembre, à l’hippodrome de Moulins-la-Marche : 10 h – 20 h. Samedi 4 novembre, ouvert de 9 h à 20 h ; à 19 h 30, repas spectacle, suivi à 22 h d’un feu d’artifice. Dimanche 5 novembre, ouvert de 9 h à 18 h ; à 10 h 30, cérémonies d’hommage à la Résistance. Entrée gratuite.

Article source: https://www.ouest-france.fr/normandie/orne/jean-gabin-paris-et-dans-l-orne-hommages-au-combattant-de-la-2e-db-5353854