Il veut annuler le feu d’artifice du 14-Juillet

«Les soirs du 14-Juillet, on dit souvent “oh la belle bleue, oh la belle rouge”, mais il y en a toujours un pour dire “voilà où partent nos impôts”. Eh bien cette année, nos impôts resteront dans la commune.» Jean-Claude Grenier, maire de l’Hôpital-du-Grosbois (Doubs), 540 habitants, a pris la décision de supprimer le traditionnel feu d’artifice de la fête nationale dans son village. La justification avancée est d’ordre financière: «5% du budget de la commune qui partent d’un coup.» Un argument qui fait mouche en temps de crise.

Et pourtant. Les communes qui décident de supprimer leurs feux d’artifice sont assez rares. Ainsi, Romain Schonfeld, directeur de la société , qui tire près de 3000 feux d’artifice par an, estime que «les budgets sont stables». L’entreprise réalise 80% de son budget sur le 14-Juillet. «C’est dans la tradition française, dit-il. Si cela représente un coût pour la commune, très peu vont aller jusqu’à franchir le pas et supprimer l’évènement. En revanche, certaines communes risquent de vouloir rogner sur la qualité par rapport à la quantité.»

«Les communes ne peuvent s’en passer»

Même son de cloche du côté de l’entreprise bretonne Ouest Pyro, dont le patron Dominique Lainé, estime que pour le 14-Juillet, les commandes ne sont «ni en hausse, ni en baisse». «Les nouvelles municipalités sont plus regardantes que les anciennes, estime-t-il. Mais un feu d’artifice fait venir tellement de monde qu’elles ne peuvent s’en passer. Les communes ont même tendance à en commander un autre pour Noël, maintenant, afin d’attirer les gens. C’est une période où notre activité est en forte croissance.» La fête nationale représente, quant à elle, 60% du chiffre d’affaires de son entreprise. «La crise, nous la sentons plutôt auprès de tous ceux qui souhaitent devenir artificiers et se faire un petit revenu d’appoint. Avant, nous luttions pour les trouver, aujourd’hui, je reçois un CV par jour.»

«Nous nous sommes faits énormément attaquer de toutes parts»

Jean-Philippe Dugoin-Clément, maire de Mennecy, sur la suppression du feu d’artifice

La commune de l’Hôpital-du-Grosbois n’est pas la première à décider d’abandonner les spectacles pyrotechniques de la mi-juillet. D’autre l’on fait avant elle. Certaines en son revenu. C’est le cas de Mennecy (Essonne). En 2008, peu après son installation, la nouvelle municipalité décide de supprimer le feu d’artifice. «La situation financière était compliquée, explique le maire, Jean-Philippe Dugoin-Clément, et nous avons estimé que cette dépense n’était pas prioritaire. Seulement, nous nous sommes faits énormément attaquer de la part de toutes les oppositions, des tracts ont été mis dans les boîtes aux lettres critiquant cette décision et les habitants souhaitaient vraiment le retour de cet évènement. Cette tradition est sacrée. Nous avons donc décidé de reprogrammer le feu d’artifice à partir de 2011. Mais, quitte à dépenser de l’argent, nous avons décidé d’articuler autour une journée festive, avec, manèges, spectacles et associations.»

Article source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/05/07/01016-20140507ARTFIG00386-il-veut-annuler-le-feu-d-artifice-du-14-juillet.php