Le meilleur des vœux des maires du Loiret : entre petites phrases, colères, chansons, legs et feux d’artifices

Dans La Rep’, difficile d’échapper aux comptes rendus des cérémonies de voeux qui ont largement agrémenté les pages et les colonnes du journal au cours du mois de janvier. Il y a quelque temps, certains élus avaient décidé de ne plus honorer cette tradition, pour cause d’économies. Aujourd’hui, alors que de plus en plus d’habitants souhaitent une démocratie participative, ces grand-messes sont revenues sur le devant de la scène.

Les maires en profitent pour faire le bilan de l’année écoulée, présenter les projets pour l’année qui vient de s’ouvrir, décerner des médailles, dire si oui ou non ils repartiront en 2020, s’interroger sur l’avenir… C’est LEUR moment. Pourtant, au milieu de ce lot d’exercices imposés, certains sortent des sentiers battus et donnent un ton original à leur discours.

Un maire sur deux déclare ne pas vouloir se représenter en 2020

Les premières cérémonies

Calendrier aidant, les voeux ont permis à de nouveaux élus de faire leur première cérémonie de voeux.

Comme à Saint-Jean-de-BrayeVanessa Slimani, qui a succédé à David Thiberge, a rappelé : « La ville a changé de maire mais pas d’équipe.
Ni de cap. » Elle était, en effet, adjointe aux affaires scolaire avant la démission du premier magistrat.

Même son de cloche du côté de Chanteau où Bernard Dassy, dix jours après son installation, a tenté de tranquiliser les habitants sur la situation financière de la commune.

À Bray – Saint-Aignan, après le décès accidentel de Luc Lefèbvre le 13 novembre, Danielle Gressette a repris le flambeau. Lors de ses voeux, elle a fait observer une minute de silence à sa mémoire. Comme dans la plupart des communes du Sullias.

 

Les petites phrases

« Soyons extraordinaires ensemble, plutôt qu’ordinaires séparément ! »

Ce n’est pas n’importe qui qui le dit. À savoir Meredith Grey, le personnage central de la série télé Grey’s Anatomy (diffusée sur TF1). Marie-Agnès Linguet, maire de Fleury-les-Aubrais, s’est réappropriée cette phrase au cours de son discours. La reprise de citations, c’est sa marque de fabrique. Pourtant, celle de Meredith a sonné creux puisque la moitié de conseil municipal manquait à l’appel. 17 chaises vides sur 34. Dont 8 élus de la majorité, y compris 2 adjoints. 

 

À Saint-Jean-de-la-Ruelle, Christophe Chaillou a affirmé :

« Je ne suis pas le facteur du Président. »

Une remarque faite au sujet du grand débat : « Nous y contribuerons mais avec une vision très claire de ce qui relève de la responsabilité d’une commune et ce qui relève d’autres institutions et notamment de l’État ».

À Gien, Christian Bouleau a fait une parenthèse d’actualité en fin de discours pour annoncer que la requête engagée par le collectif de la rue Louis-Blanc, contre le permis d’aménager du projet Coeur de ville, avait été rejetée par le tribunal administratif d’Orléans :

« Mais que de temps, d’énergie, de mauvaises nuits et d’argent gâchés inutilement… Je suis désolé pour vous. On a gagné ». 

 

En chansons

À Ormes, Alain Touchard a rendu hommage à Charles Aznavour. Sur une note d’espérance, il a clôturé sa très longue allocution.

À Meung-sur-Loire, Alain le Gallo, adjoint en charge de la Culture et des Finances, a été remercié pour son imagination fertile. Il a revisité et parodié C’est une maison bleue de Maxime Le Forestier, dédiée à tous les bénévoles et volontaires, Quand on n’a que l’amour de Jacques Brel (reprise par Maurane), transformée en « Quand on n’a qu’un désir, c’est celui du partage », Les comédiens de Charles Aznavour, pour les commerçants et les artisans, et A bicyclette d’Yves Montand, afin d’illustrer l’arrivée de vélos électriques.

Toujours à Meung-sur-Loire, élus et personnel communal se sont également retrouvés autour de Nathalie Masson, la directrice générale des services. Sur la scène de La Fabrique, elle a orchestré une soirée divertissante en chansons, réglée comme du papier à musique.

 

Gilets jaunes

À Combreux, Philibert de La Rochefoucauld a offert un gilet jaune aux enfants du village. Non pas pour qu’ils aillent manifester mais pour qu’ils soient visibles sur le trajet de l’école, surtout le matin lorsque le jour est à peine levé.

À Bonnée, dans la nuit du 19 au 20 décembre, la mairie avait été incendiée. Michel Auger ne s’était pas étendu sur les faits lors de son allocution. Il avait appelé au respect des idées de chacun, du travail des autres et des institutions. Quelques jours plus tard, trois gilets jaunes étaient interpellés et condamnés pour cet « acte grave » comme l’avait qualifié Stéphane Brunot, le secrétaire général de la préfecture, lors de la cérémonie de voeux.

 

Annulation

À Châtenoy, Gérard Beaudoin comptait bien recevoir ses administrés mais un début d’incendie à la salle communale l’en a empêché. En attendant que la salle soit de nouveau utilisable, les associations ont trouvé refuge à Vieilles-Maisons-sur-Joudry.

 

Devoir de mémoire

À Vouzon, commune limitrophe du Loir-et-Cher, Christian Mauchien a annoncé que 2019 serait l’année d’un hommage plus appuyé à John Eason Sharpley, un aviateur anglais, dont l’avion s’est écrasé dans le village dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1944. Une partie de sa famille a été retrouvée et elle sera sur place, début juillet.

 

Feu d’artifice

À Tripleville (dans le Loir-et-Cher), Jean-Paul Bediou avait réservé une surprise à ses administrés. Le secret avait été bien gardé. Après les interventions des uns et des autres, un feu d’artifice a été tiré. 

 

Ministre

À Beauce-la-Romaine, commune nouvelle dans le Loir-et-Cher, Marc Fesneau, ministre des relations avec le Parlement, est venu en voisin à la cérémonie pilotée par Bernard Espugna. Il a appelé à la concertation, en écho à la crise des gilets jaunes. 

 

Colères

À Cercottes, Martial Savouré-Lejeune n’a pas fait dans la demi-mesure pour dire que le contexte dans lequel il évolue lui semble incompréhensible. Par exemple, au sujet de la taxe d’habitation, il a évoqué un mensonge d’État. Il n’a pas été tendre avec l’intercommunalité qui, à ses yeux, décourage les maires. Au point qu’ils ne renouvellent pas leur mandat.

À Saint-Aignan-le Jaillard (dans le Sullias), Jean-Pierre Auger a poussé un cri d’indignation à l’adresse du gouvernement, des technocrates et des politiques :

« Nous ne pouvons pas être considérés comme des sous-citoyens, auxquels il sera fait l’aumône de quelques miettes de mesures ».

À Saint-Brisson-sur-Loire (dans le Giennois), Claude Pléau était remonté comme un coucou contre les gilets jaunes et l’élite technocratique : « Une caste dirigeante loin, très loin des réalités de la France profonde. » Sans oublier les élus départementaux :

« Il est inadmissible qu’on n’ait pas une quatre voies reliant Gien à Orléans ».

À Montereau (dans le Montargois), Jean Debouzy était également en forme. À propos d’un projet de logements qui ne peut pas voir le jour : « Et vous vous étonnez que les communes rurales soient désertes ? » Et de la com-com qu’il estime devenir une usine à gaz :

« Que va-t-il nous rester ? La rubrique des chiens écrasés, les problèmes de voisinage, les cérémonies commémoratives et civiles, et assister sagement aux réunions de la com-com et ses commissions ? »  

Un legs

À Charmont-en-Beauce (dans le Pithiverais), les finances ont permis de rester dans le vert grâce au legs de Roger Simon. Cette dotation a permis à la municipalité de ne pas avoir recours à l’augmentation des impôts locaux pour remplacer l’éclairage public.

 

Alexis Marie

Article source: https://www.larep.fr/orleans/politique/2019/02/04/le-meilleur-des-vux-des-maires-du-loiret-entre-petites-phrases-coleres-chansons-legs-et-feux-d-artifices_13126784.html