Loisirs: Pas de Fêtes de Genève en 2018: le feu d’artifice n’est pas …

L’été 2018 se déroulera au minimum syndical. Genève Tourisme parle «d’animation estivale» et non plus de «Fêtes», et pour cause: outre la présence de la Grande Roue et du Village Suisse, déjà annoncées pour trois mois au bord du lac, il ne faut pas s’attendre à grand chose. Cette décision, prise en accord avec les autorités du Canton, fait suite aux résultats déficitaires des deux précédentes éditions. Même la survie du grand feu d’artifice, appelée de ses vœux par le ministre de tutelle de la branche touristique, Pierre Maudet, n’est pas garantie à 100% pour l’heure. La Fondation cherche encore des fonds et dépend de l’engagement de sponsors.

«Le feu d’artifice est confirmé sur le principe, détaille le communiqué de presse. Si un montant de base est déjà assuré, l’ampleur et la durée de cet événement pyromusical dépendent directement de la récolte de fonds actuellement en cours. L’implication d’un sponsor principal pourrait garantir un spectacle d’une qualité égale voire supérieure aux années précédentes.» Des intervenants comme Genève Aéroport ou Patek Philippe ont apporté une contribution financière par le passé.

Faire l’impasse sur les fêtes 2018, était-ce la décision la plus sage? «C’était la seule possible, estime Pierre Maudet. On ne peut pas demander à une fondation privée de s’engager financièrement au-delà de ses réserves. Mon Département donne un coup de main dans la recherche de sponsors pour les feux» Une rallonge cantonale n’est donc pas d’actualité? «C’est totalement exclu, la volonté du législateur est de ne pas s’impliquer dans ce domaine, qui bénéficie déjà la taxe de séjour et de la taxe touristique. On peut par contre se demander si c’est toujours à Genève Tourisme d’organiser les Fêtes. On y réfléchira lors des états généraux du tourisme le 15 mai, sur la base des résultats de la votation du 4 mars.» Contacté, le magistrat en charge de l’environnement urbain, Guillaume Barazzone, ne souhaite pas s’exprimer avant la votation. Willy Bourquin, doyen des forains de Genève, estime que «c’est un coup dur, ça me fait mal au cœur. Les organisateurs ne nous ont même pas consulté, ils annulent comme ça. On peut peut-être organiser quelque chose à nos frais, il faut qu’on en discute entre forains, on a plein d’idées». L’association Touche pas à mes Fêtes, qui n’est apparemment plus en activité, se refuse à tout commentaire.

Les grand feux, qui se tiennent traditionnellement pendant une cinquantaine de minutes le deuxième samedi d’août, sont bien la seule composante des Fêtes qui mette tout le monde d’accord. Leur maintien figure à la fois dans l’initiative et le contre-projet qui seront soumis aux résidents de la Ville de Genève le 4 mars. Ils symbolisent aux yeux de tous l’ADN de cette grande manifestation estivale. Mais quand il s’agit de les payer -ils coûtent en moyenne entre 500 000 et 700 000 francs – il n’y a plus grand monde.

Les principales sources de financement d’un feu d’artifice sont les places payantes, le sponsoring, et les participations des collectivités publiques (sauf à Genève).
Cette année, aucune place payante ne sera proposée étant donné les incertitudes quant au financement du feu et à sa durée. Seule une petite zone VIP sera réservée. A Genève,
le public réagit parfois assez mal à la priorité donnée aux quelques milliers de places payantes. Selon Genève Tourisme, il y en aurait entre 9000 et 15 000 selon les années. Un rapport du service d’audit interne de l’Etat rapporte un «sentiment de privatisation accrue le soir des feux». En comparaison, la Fête du Lac à Annecy comporte 46000 places payantes pour 200 000 spectateurs. Et Sonnwendfeier à Oensingen, qui se revendique «le plus gros feu d’artifice de Suisse», ouvre ses champs pour 30 000 à 50 000 personnes contre 20 francs. Néanmoins l’événement ne se déroule que tous les trois ans.

Par ailleurs aucune subvention publique directe, que ce soit de la Ville ou du Canton, ne vient alimenter les feux à Genève. Alors qu’à Annecy, la Ville apporte près de 20 % de la somme, soit tout ce qui n’est pas financé par la billetterie. Par contre, la Fête du Lac se passe de sponsors.
Et à Locarno, l’événement Luci e ombre avec un feu de 35 minutes est financé à 32 % par la Ville et les communes avoisinantes.

Autres animations estivales

Pour animer l’été 2018, y aura-t-il un événement fédérateur à part les classiques Ciné Transat et concerts du parc La Grange? Le festival gratuit Le tour de le rade en 80 jours (TDR80), lancé l’an dernier, attend toujours ses autorisations pour la deuxième édition. «On attend aussi de voir comment tournent les Fêtes, pour éventuellement proposer un projet plus conséquent si elles font défaut», avançait Sivan Karabulut, directeur de TDR80, juste avant l’annonce.
Pourra-t-on compter sur une animation sur le quai marchand du Mont-Blanc, pour succéder à l’Escale de 2016 et aux Rendez-vous du lac de 2017? Des projets de Mairie sont en cours de définition et pourraient comporter un «volet estival» sur lequel la Ville ne communiquera pas avant ce printemps.

Historiquement, les Fêtes ont déjà été réduite aux seuls feux. En 1991, la Suisse célèbre son 700e anniversaire. Si les Fêtes font une pause, ne subsiste qu’un feu d’artifice gratuit. De même, la manifestation avait été suspendue en 1955 et 1977, pour ne pas faire de concurrence à la Fête des vignerons à Vevey.

(TDG)

Créé: 14.02.2018, 14h21

Article source: https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/fetes-2018-feu-artifice-reste-conditionnel/story/23592861 feux d'artifice, , artificier /