Michel Murcia, artificier : «nous sommes les peintres du ciel»

Depuis qu’il a 18 ans, Michel Murcia passe tous ses étés à illuminer le ciel de mille feux. Aujourd’hui, gérant de la société TAC (Toulouse Artifice créations) basée à Capens, à 25 km de Toulouse, et distributeur de la marque Lacroix Ruggieri, il prépare le feu d’artifice qui embrasera le lac de la Reynerie ce vendredi 13 juillet. «Je suis dans l’artifice depuis plus de 40 ans, j’ai fait des feux un peu partout dans le monde», annonce-t-il. En quatre décennies, Michel Murcia a vu son métier évoluer «surtout au niveau de la sécurité. Maintenant les produits sont plus fiables, ils sont testés, radiographiés, certifiés par le ministère de l’Industrie. Les fixations, elles aussi sont plus sécurisés.»

Avant Michel allumait les bombes à la main, maintenant, «c’est tout électrique. Certains feux sont gérés par des valises plastiques et les plus importants par ordinateur.» Quand tout est calé, il n’a plus qu’à appuyer sur le bouton et profiter du spectacle, tout en se délectant des «oh !» et des «ah!» du public.

Feux classiques ou pyrosymphoniques

En matière de feux d’artifice, il convient de faire la distinction entre les classiques et les pyrosymphoniques. Les premiers sont des feux secs, il n’y a pas de musique, seulement du bruit et de la couleur, tandis que les seconds sont réglés sur la musique. L’artificier doit composer en fonction du site de tir, du budget du client et de la musique ou non.Les figures envoyées dans le ciel ont elles aussi beaucoup évolué. On trouve des cœurs, des cercles, des smile. Aujourd’hui, on arrive même à écrire dans le ciel. Quoi qu’il en soit, le feu a son rituel. Il commence toujours par trois coups «trois marrons d’air, comme au théâtre et finit par des salves. Entre les deux, on trouve divers tableaux (kaki rouge clignotant, gentiane rouge et or, comète bleue, passiflore clignotant…), des intermèdes, des embrassements… «On va crescendo jusqu’au bouquet final. En fait, nous sommes les peintres du ciel», ajoute l’artificier.

Tous les étés, pour Michel Murcia, il y a donc le feu. Avant celui de la Reynerie ce soir, il a tiré celui de Colomiers et après , il illuminera les ciels de Blagnac, Saint-Girons, Gaillac, Boulogne-sur-Gesse, le château de Foix, Balma…«Depuis mes 18 ans, je n’ai jamais eu un 14-Juillet à moi. Mais bientôt, je serais à la retraite.» En effet, à 59 ans, l’artificier s’apprête à passer «la mèche» à son fils.

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