Narbonne: L’artificier Christian Dumont tire… sa révérence

FEU D’ARTIFICE. Après avoir « tout fait péter » pendant quinze ans, le Narbonnais Christian Dumont tire son dernier feu d’artifice, sur l’étang de Gruissan, le soir du 14 juillet. Interview.

 

Vous êtes donc le Narbonnais qui va faire exploser Gruissan… Oui! Mes parents étaient commerçants à Narbonne, dans les Halles. Mon père était une figure de l’entreprise Boyer-Dumont. Gruissan, c’est la plage de mon enfance. Mon père a construit un Chalet à Gruissan quand ma mère était enceinte de moi. Quand l’opportunité s’est présentée de tirer le feu d’artifice ici, je n’ai pas hésité une seconde. Depuis quinze ans, on tire le feu d’artifice avec grand succès. Didier Codorniou, le maire, est enchanté. Le 13 juillet (ce mercredi), je tirerai aussi le feu d’Armissan.

Vous considérez-vous comme un technicien ou comme un artiste ?

Un peu les deux. Ce feu d’artifice de Gruissan me tient à cœur. C’est une vraie passion qui m’amène à choisir moi-même tous les produits auprès de la société Pyragric. Et elle me fabrique le feu d’artifice par rapport à mon plan de tir. Le résultat est toujours différent.

Quels sont les effets qui fonctionnent le plus auprès du public ?

Il y a des choses qui fonctionnent tout le temps, c’est vrai, mais il faut se renouveler notamment au niveau artistique où j’essaie, chaque année, de varier les produits. Une fois, par exemple, j’ai débuté qu’avec des cœurs rouges dans le ciel. C’est un peu comme dans les James Bond. Il y a un prélude et un bouquet final. À Gruissan, je tire le feu avec des cuissardes au milieu de l’étang avec mes artificiers autour. On est au milieu de l’eau !

Comment procurez-vous du plaisir aux spectateurs ?

Ce qui donne de l’émotion dans un feu d’artifice c’est le rythme de tir. Puis c’est le deuxième plus gros feu après celui de Carcassonne. C’est un feu de 20 minutes environ au budget conséquent.

Depuis combien de temps préparez-vous ce feu ?

Depuis le mois de janvier. Théoriquement, je considère que le feu va être bien mais on n’est jamais à l’abri d’un incident de tir. À la fin, quand j’appuie sur le bouton, là je suis certain qu’il a été magnifique et alors là, l’émotion m’envahit…

Pouvez-vous nous livrer quelques petites indiscrétions sur ce qui attend les spectateurs ?

Une bombe rouge va ouvrir le feu d’artifice. La bombe monte à 250 mètres d’altitude et va faire une boule sur une superficie de 250 mètres. Je suis un des seuls à tirer ce genre de bombe en France car il faut 300 mètres de sécurité autour. C’est le cas ici au milieu de l’étang. Il y aura 19 tableaux sans compter le bouquet final. Le thème sera « bleu-blanc-rouge ». On a des bombes nautiques. Elles sont projetées dans l’étang et elles explosent dans l’eau. Ce sera aussi la dernière année que je tire le feu car je prends de l’âge…

En cas de vent, qu’est-il prévu ce vendredi ?

La mairie me consulte et au-delà de 54 km/h on ne peut pas tirer de feu, soit 15 m/s. L’an dernier, on n’a pas tiré de feu le 14 juillet. On l’a tiré le mercredi d’après. Il ne devrait pas y avoir de problème cette fois-ci, sur ce secteur.

La pression monte ?

Je commence à être habitué. J’ai le stress le soir du 14 juillet et il m’est impossible de manger avec les autres artificiers (dix) car j’ai la boule au ventre !

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