Par ici les sorties

 

 

I used to be darker, de Matt Porterfield. États-Unis, 2012, 1 h 30. Mic-mac tranquille. Taryn, une adolescente irlandaise, débarque à l’improviste chez sa tante de Baltimore. Mais celle-ci est en pleine séparation… Une chronique familiale d’une grande liberté, qui ne repose pas tant sur un scénario ficelé, mais sur le temps qui passe, les allers et venues des uns et des autres, et l’omniprésence de la musique, l’oncle et la tante étant chanteurs, et interprétant quelques morceaux au débotté, on pense un peu à Inside Llewyn Davis des Coen, mais en beaucoup plus décontracté. Rien de balisé ici où, comme dans un certain cinéma des années 1970, on se laisse aller au gré du temps, du vent, et des aléas des rencontres et des altercations spontanées. D’où une grâce certaine et une atmosphère au diapason du climat estival de cette dramédie musicale furieusement indé.

Albator,   corsaire de l’espace,  de Shinji Aramaki.Japon, 2013, 1 h 50. À l’abordage ! La version en images de synthèse et en 3D (relief) de la célèbre série animée des années 1970-1980, inspirée des mangas de Leiji Matsumoto (lequel est toujours présent dans les coulisses du projet). De quoi s’agit-il ? Tout simplement du Star Wars nippon, un pur space opera de SF mâtiné de légendes maritimes : en 2977, le mélancolique capitaine Harlock, pirate intergalactique commandant l’Arcadia, vaisseau spatial à tête de mort, guerroie contre la coalition Gaïa, qui a décidé de détruire la Terre, déjà à l’agonie. Plastiquement très belle, cette animation numérique, dont les décors et la sont époustouflants, reste malgré tout abstraite et désincarnée.

Les Âmes de papier,  de Vincent Lannoo.France, Belgique, Luxembourg, 2013, 1 h 40. A priori. On n’a rien contre la comédie romantico-fantastique, même si elle n’a pas donné lieu à beaucoup de merveilles (hello Marc Lévy !). Évidemment, il y a quelques mythiques précédents comme l’indépassable Peter Ibbetson. Mais le lyrisme n’est pas le fort de cette histoire d’écrivain d’oraisons funèbres (improbable métier) tombant amoureux d’une jolie veuve. Jusqu’au jour où le défunt revient… On voudrait bien adhérer au postulat, mais il est traité trop platement pour que la magie opère. On tente certes d’insuffler un peu d’humour dans le pensum par l’entremise du brave Pierre Richard, mais ça ne fait qu’accentuer le malaise.

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Vincent Ostria

Article source: http://www.humanite.fr/culture/par-ici-les-sorties-555908 feux d'artifice, pyrotechnie, artificier / pyrotechnie