Pierre Casiraghi, prince des Voiles

« On va faire un peu de reaching, au portant et du près ! » N’en voulez pas à Pierre Casiraghi s’il utilise des termes de spécialiste afin d’évoquer les différents types d’allure de son bateau. Après avoir passé une semaine à observer le Monégasque lors de la dixième édition des Voiles de Saint-Barth, on est certain d’une chose : il n’est jamais autant à l’aise que lorsqu’il s’agit de raconter sa plus grande passion : la voile en compétition. « Comme beaucoup de passions, ça ne se contrôle pas, on ne sait pas trop d’où elles viennent, mais ce qui est bien avec les passions, c’est qu’on se laisse aller pour les vivre. Dès que j’ai découvert la voile, je me suis laissé porter par mes émotions, mes envies, et je me suis donné le défi de participer à certaines courses mythiques. »

Après une semaine en mer, lorsqu’on le rencontre sur le port de Gustavia pour discuter, le second fils de Caroline de Monaco vient de recevoir le trophée des Voiles, vainqueur en catégorie Maxi1 – la plus prestigieuse – à bord du bateau Sorcha. « Ce n’était pas gagné d’avance, j’arrivais sur un nouveau bateau que je découvrais, un équipage que je ne connaissais pas, c’est toujours un peu délicat », raconte celui que tout le monde surnomme le « Prince », même s’il ne porte aucun titre de noblesse, ceux-ci étant transmis uniquement de père en fils à Monaco.

Un adepte des courses en équipage

Pierre Casiraghi.

© Michael Gramm

Ses grades, c’est en mer qu’il compte les gagner. Là où il se sent le mieux. « Ce dernier jour à la barre a été le meilleur de la semaine. J’ai réussi à tenir le voilier, à le porter au mieux de ses performances. Il a fallu plusieurs jours pour être en symbiose avec le bateau : c’est là que la voile devient magnifique. » Pierre Casiraghi révèle son « sentiment de liberté » lorsqu’il navigue en mer et sur les océans, tout en confiant qu’il n’y recherche pas la solitude. « Je préfère les courses en double ou en équipage, j’aime le partage, raconte celui que les autres marins décrivent comme « cool, détendu et passionné ». Être à l’écoute des gars à l’arrière, là où les décisions sont prises. C’est très important de se nourrir des informations des équipiers, afin de mieux comprendre son bateau. »

Si le jeune navigateur, également vice-président du Yacht Club de Monaco, prépare actuellement le Vendée Globe 2020, c’est dans le rôle du chef d’entreprise et pas celui du marin : « Je travaille à fond sur ce projet, et Boris Herrmann sera le skippeur, annonce Casiraghi. Moi, je n’ai jamais été attiré par les courses en solitaire. C’est quelque chose qu’on doit avoir à l’intérieur de soi, je pense qu’on naît avec cette volonté. Je ne pense pas un jour me retrouver dans une telle aventure. Et puis, il faut avoir de très bonnes connaissances pour pouvoir finir une course comme le Vendée Globe, aujourd’hui, je ne serais clairement pas au niveau. »

« Ce n’était pas gagné d’avance, j’arrivais sur un nouveau bateau que je découvrais, un équipage que je ne connaissais pas, c’est toujours un peu délicat », confie au « Point » Pierre Casiraghi.

© Christophe Jouany

« Le seul moyen de marquer durablement une personne, c’est l’éducation »

Lucide à 31 ans, Pierre Casiraghi est aussi conscient des dangers de son sport, pensant peut-être à son père – Stefano – décédé lors d’un accident en mer au large de Monaco, en 1990, alors qu’il n’avait que 3 ans. Casiraghi vient d’être père à deux reprises (en 2017 et en 2018) : le premier de ses deux enfants s’appelle… Stefano. Malgré les longues heures passées à naviguer, le Monégasque a posé ses valises pour la semaine à Saint-Barthélemy avec femme et enfants. « Le seul moyen de marquer durablement une personne, c’est l’éducation au plus jeune âge », assure le petit-fils du prince Rainier et de Grace Kelly.

Depuis 2015, le vice-président du Yacht Club de Monaco parraine Sail for a Cause (naviguer pour la bonne cause). Après avoir levé des fonds pour des hôpitaux pour enfants, l’association sensibilise désormais sur l’environnement : « On donne aux plus jeunes des pistes pour comprendre la mer, pourquoi on l’abîme, en quoi ça va nous impacter, ce qu’un enfant peut faire pour modifier son environnement, et modifier ses habitudes. C’est ma toute petite contribution, un lien entre la voile, la course et l’environnement. »

Séduit par le vent exceptionnel qui a soufflé toute la semaine autour du petit caillou paradisiaque de Saint-Barth, Pierre Casiraghi prévoit déjà de revenir l’an prochain. « C’est le paradis de la régate ! » sourit le « prince », avant d’assister au feu d’artifice final qui clôt cette dixième édition.

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