Secteur de Strasbourg Nord | Composer avec la sécurité renforcée – DNA

Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour nous retourner » constate le maire de Vendenheim Philippe Pfrimmer (SE). D’une mairie à l’autre, le constat est le même. Les fêtes préparées des mois très à l’avance ont soudain été chamboulées en plein été.

Depuis l’attentat de Nice le 14 juillet, des consignes plus strictes ont été données par les autorités de l’État aux organisateurs de manifestations de plein air. Les élus ont dû monter des dossiers de sécurité et négocier pour obtenir l’autorisation de maintenir les festivités dans leurs communes.

Premières à être concernées, la grande braderie annuelle de Strasbourg a fait l’objet d’un contrôle inédit, tout comme, la semaine suivante, la fête de la bière à Schiltigheim, privée de sa braderie et de son vide-greniers.

À Souffelweyersheim, la municipalité a dû se résoudre à annuler le vide-greniers d’octobre (DNA du 17 août). À Schiltigheim, des puces de quartier, au gabarit plus modeste, ont été maintenues dimanche 28 août, avec des mesures de sécurité renforcée.

Vendenheim : conserver les festivités en restreignant le programme

À Vendenheim, le choix a été fait de conserver les festivités en restreignant le programme. La fête de la patate est maintenue samedi 3 et dimanche 4 septembre. Mais la soirée du vendredi a été annulée.

« À notre grand regret » souligne le maire, « la mort dans l’âme » ajoutent ses adjointes Claudine Weber et Cathie Gneiting. Une soirée pour les pré-ados devait être organisée, suivie par une soirée pour les jeunes, le tout entrecoupé par un feu d’artifice. « Le premier de toute l’histoire du village et il a fallu l’annuler ! ». Un feu d’artifice est un sujet « hypersensible pour la préfecture, il aurait fallu pouvoir protéger le stock de mortiers » explique le maire. Trop compliqué à mettre sur pied en si peu de temps. Un spectacle pyrotechnique a aussi pour particularité de concentrer une foule dense : « On entrait dans une autre dimension avec un fort rassemblement de personnes au même endroit ».

Les élus fédinois ont conservé le reste du programme, samedi soir et dimanche toute la journée, avec, entre autres, le concours d’épluchage de patates, le vide-greniers et l’ouverture des fermes. 

Il a fallu prendre en compte l’étalement de la fête, sur le nouveau et l’ancien village. Soit 1,2 km de barrières de 2 m de hauteur et sept points de contrôle et « un agent de sécurité avec un bénévole à chaque check point ». Le tout ne représente pas moins de « 200 heures de travail des agents de sécurité, financées par les deniers publics ». Les rues donnant sur le périmètre seront bloquées par les véhicules des forains ou par ceux de la commune. Avec, à proximité, une personne référente munie des clés pour pouvoir changer le véhicule de place s’il faut laisser passer des véhicules de secours.

Cette édition de la fête de la patate servira de test pour les suivantes. La mairie s’interroge sur l’opportunité, par exemple, de faire l’acquisition des barrières nécessaires plutôt que de les louer.

Bischheim : vide-greniers maintenu

À Bischheim, dimanche 4 septembre, le vide-greniers organisé dans le Vieux Bischheim est maintenu, dans son périmètre classique. Ni plus, ni moins. « On ne peut pas supprimer tous les événements sinon certains auraient gagné » estime le maire Jean-Louis Hoerlé (LR). Avec des contraintes pour la mairie : « Comme pour toutes les autres manifestations, nous augmentons les mesures de sécurité ». La police municipale et une société de surveillance privée seront sur le pont. Des barrières seront installées aux différentes entrées du site.

Une manifestation importante dans une commune où bon nombre d’habitants ne roulent pas sur l’or « pour permettre à une population qui a des moyens modestes de s’équiper pour la rentrée ». Pour Jean-Louis Hoerlé, cette manifestation est d’autant plus facile à sécuriser qu’elle ne suscite pas d’attroupements mais un flux constant de visiteurs. Et elle est la seule organisée ce jour-là. « Quand il y a plusieurs événements qui s’additionnent et se télescopent, comme à Schiltigheim, on ne peut pas tout maintenir ».

Reichstett : pas question d’annuler quoi que ce soit

À Reichstett, le maire Georges Schuler (LR) refuse d’annuler quoi que ce soit. « Les terroristes veulent nous empêcher de vivre normalement, il est hors de question de céder à cela ». Première manifestation maintenue : l’anniversaire des 20 ans de l’ouverture du fort Rapp au public, samedi 3 et dimanche 4 septembre, avec un spectacle pyrotechnique samedi soir. « Un site clos avec une seule entrée, c’est plus facile à sécuriser ». « Personne n’entrera sans être fouillé, pendant les deux journées » précise l’adjointe Huguette Adrian. Pour le Johrmärik programmé pour le dimanche 9 octobre, il est maintenu. Les modalités de la sécurisation sont encore à l’étude. Il faut « revoir le circuit pour avoir le moins d’accès possible ».

Une chose est sûre : le maire fera appel aux services d’une société de sécurité privée. Une idée qui l’amuse : « Il y a deux ans, le préfet m’a dit que je n’avais pas le droit de faire faire des rondes la nuit, l’été, dans le village, par une société de sécurité privé ».

LR : Les Républicains, SE ; sans étiquette

Article source: http://www.dna.fr/edition-de-strasbourg/2016/08/20/composer-avec-la-securite-renforcee-qjdb feux d'artifice, , artificier /