Sexton crucifie les Bleus

Jacques Brunel ne se rasera pas la moustache. Le technicien gersois avait promis un coup de rasoir en cas de Grand Chelem. Cette folle hypothèse est déjà enterrée après le premier match de ce Tournoi. Les Bleus se sont inclinés à la dernière seconde face à l’équipe d’Irlande (13-15) grâce à un drop lointain de ce diable de Jonathan Sexton après trois minutes de petit jeu au ras pour se rapprocher tant bien que mal des perches françaises. Un dernier coup d’épée, pour sabrer les espoirs tricolores, qui venait néanmoins concrétiser la domination d’une formation irlandaise pleine de maîtrise, prise à revers une seule fois sur une touche rapidement jouée par des Français privés de ballon sur l’ensemble de la rencontre. Mais cette seule mèche allumée par Antoine Dupont, avec Teddy Thomas grandiose à la conclusion (73), laissait alors penser qu’un feu d’artifice était possible pour fêter cette nouvelle aventure tricolore. Il faut dire que l’histoire aurait été belle au bout d’un match terriblement fermé pour ne pas dire ennuyeux mais finalement la rébellion française n’était qu’un pétard mouillé. Privés de munitions en raison d’une conquête approximative notamment dans le premier acte, les Bleus ont néanmoins mis du cœur à défendre le moindre centimètre malgré la répétition des temps de jeu irlandais, orchestrés par une charnière rompue aux joutes internationales et pas vraiment venue au Stade de France pour assurer le spectacle.

L’expérience dompte la jeunesse

Défendre, même avec cœur et abnégation, n’est pas suffisant pour renverser la troisième nation mondiale, certes peu inspirée, mais d’un pragmatisme cruel, s’appuyant sur une possession de balle outrageuse (68 %) et capable de planter la tente dans le camp français, occupant deux tiers du temps de la rencontre les cinquante mètres tricolores sans trop de difficulté. Alors certes l’écart final est mince et les Bleus auraient pu s’imposer, eux qui avaient eu l’occasion de se mettre à l’abri à deux minutes du coup de sifflet final. Malheureusement, le demi d’ouverture de Toulon Anthony Belleau avait manqué cette dernière pénalité pourtant dans ses cordes, laissant l’opportunité à Sexton de briller quelques minutes plus tard, renforçant ainsi l’idée que la jeunesse française avait été domptée par l’expérience irlandaise. Une désillusion cruelle pour la troupe de Jacques Brunel dès son premier tour de piste, d’autant plus que les artistes Antoine Dupont et Matthieu Jabilert ont quitté la scène sur blessure. Une nouvelle défaite qui pourrait coûter cher à des Bleus qui n’ont plus gagné depuis mars 2017.


France-Irlande: 13-15

Saint-Denis (Stade de France), Irlande bat France 15-13

MT : 9-3 ; 74 878 spectateurs ; arbitre : Nigel Owens (PDG)

Vainqueurs : 4 P (3, 22, 39, 47), 1 D (80 + 3) Sexton

Vaincus : 1 E T. Thomas (72). 1 T Belleau. 2 P Machenaud (35, 54)

Evolution du score : 0-3, 0-6, 3-6, 3-9/3-12, 6-12, 13-12

FRANCE : Palis ; T. Thomas, Lamerat, Chavancy, Vakatawa (o) Jalibert (Belleau 30), (m) Machenaud (Dupont 67, Machenaud 76) ; Y. Camara, Gourdon, Lauret (Tauleigne 67) ; Vahaamahina, Iturria (Gabrillagues 61) ; Slimani (Gomes Sa 55), Guirado (cap., A. Pelissié 74), Poirot (Priso 55)

IRLANDE : R. Kearney ; Earls, Henshaw, Aki, Stockdale (McFadden 75) (o) Sexton, (m) Murray ; Van der Flier (Leavy 37), Stander, O’Mahony ; Ja. Ryan (Toner 68), Henderson ; Furlong (Jo. Ryan 70), Best (cap., Cronin 68), Healy (McGrath 61)

La note : 10/20

Les hommes : CJ STANDER et Jonathan SEXTON (Irlande)

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