STRESS: Les feux d’artifice, ennemis des oiseaux – Suisse – lematin.ch

Des feux d’artifice moins bruyants? C’est la revendication des Verts de Bienne, pour qui «les feux d’artifice provoquent la peur et le stress des animaux domestiques et sauvages». Leur intervention vise le traditionnel big bang organisé chaque 31 juillet pour la fête nationale.

Une étude de 2015 réalisée sur le lac de Constance et publiée dans la revue Der ornithologische Beobachter montre qu’un feu d’artifice de huit minutes a chassé 95% des oiseaux qui se trouvaient dans la baie proche de l’île de Mainau. À quoi s’ajoutent des particules fines et des produits chimiques répandus dans l’atmosphère.

Panique générale

Le pyrotechnicien Toni Bussmann s’est dit incapable de réduire les décibels à Bienne. Et raccourcir le spectacle n’aurait, selon lui, qu’un effet limité. «Un animal est dérangé aussitôt qu’il y a des explosions, la durée ne joue donc aucun rôle», a-t-il expliqué au Bieler Tagblatt.

Ornithologue à BirdLife, François Turrian salue l’initiative des écolos biennois: «Les détonations provoquent une grande panique. Des caméras infrarouges montrent des canards s’envoler au loin en pleine mue.» Et alors? «Les poussins sont éloignés de leur mère, les familles sont disloquées!» affirme François Turrian.

Le garde-faune biennois n’a pas constaté une hausse de la mortalité, mais François Turrian n’exclut pas des collisions mortelles dans la panique générale. Un argument valable pour la fête nationale, mais quel est le problème au réveillon? «Pour un oiseau brusquement réveillé en hiver, la dépense d’énergie est énorme», indique François Turrian.

Le 31 décembre, des feux seront tirés dans les stations touristiques pour satisfaire la clientèle étrangère. Avec quel impact sur la faune, sachant que 500’000 oiseaux séjournent sur les lacs suisses à l’abri du gel? «Les feux sont davantage tirés au centre des stations de ski, ce qui diminue l’impact», concède François Turrian. La limite légale de 120 décibels est fixée pour le public tenu à bonne distance, pas pour les animaux proches de l’artificier.

À Grandson (VD), le plus grand artificier romand a ses contraintes pyrotechniques, après quatre Fêtes de Genève et des vendanges à Neuchâtel. «J’aime animer des scènes avec ou sans bruit, mais, pour un vaste public, un artificier n’a malheureusement pas le choix: il faut une explosion qui propulse des étoiles à 150 mètres d’altitude, ce qui déclenche une détonation», explique Nicolas Guinand, codirecteur de Sugyp. (Le Matin)

Créé: 01.12.2017, 06h35

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