Super Bowl : « Super Bore » !

Ce n’est pas une rencontre qui restera dans l’histoire pour la performance sportive. Au terme d’une partie terne et insipide, les New England Patriots se sont adjugé le sixième Super Bowl de leur histoire en battant les Los Angeles Rams 13 à 3. Une rencontre vite surnommée « Super Bore » (super ennui).

Tom Brady, l’emblématique quarterback de New England, est bien devenu le joueur de football américain le plus titré de l’histoire avec son 6e sacre au Super Bowl, dix-sept ans après le premier. Il est désormais à 41 ans le doyen des joueurs, hors buteurs, à soulever le prestigieux trophée Vince Lombardi. Autre record : c’était sa neuvième finale. Enfin, les Patriots, qui disputaient leur troisième finale de suite, ont rejoint Pittsburgh au sommet du palmarès de la Ligue nationale de football américain (NFL).

Mais la 53e édition du Super Bowl restera avant tout comme l’une des plus ennuyeuses de l’histoire, la moins prolifique aussi avec seulement 16 points marqués, soit 5 de moins que le précédent « record » du genre lorsque Miami avait remporté la finale 1972 face à Washington 14 à 7. Les 75 000 spectateurs du futuriste Mercedes-Benz Stadium et plus de 110 millions de téléspectateurs américains n’ont pas assisté au feu d’artifice offensif attendu, loin de là.

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3-0 à la mi-temps

Comme depuis le début de l’ère Tom Brady, New England a commencé doucement. Une interception, sur sa première passe, et un « sack » (plaquage ballon en mains) pour l’emblématique quarterback des « Pats », un coup de pied de 46 yards raté par Stephen Gostkowski… Les Patriots ne marquent pas un seul point durant le premier quart-temps, comme lors de sept des huit précédentes finales avec Brady à la barre. Les Rams, étouffés par la défense adverse, sont alors encore moins efficaces et menaçants. Il faudra attendre la cinquième minute de la deuxième période pour voir les premiers points, par Gostkowski, le « kicker » des Patriots, à 42 yards des poteaux des Rams (3-0).

New England domine, mais ne concrétise pas, malgré les fulgurances de Julian Edelman, seul joueur à enflammer cette terne finale. Il rallie les vestiaires, à la pause, avec une progression de 93 yards et 7 passes réceptionnées, soit plus à lui seul que toute l’attaque des Rams (57 yards) ! Mais l’équipe de Boston ne mène toujours que de trois points, le deuxième total de points marqués à la mi-temps le moins élevé de l’histoire du Super Bowl, après les deux points inscrits par Pittsburgh face à Minnesota en janvier 1975. Une échappée de 16 yards de Todd Gurley, running back-vedette des Rams sous-utilisé jusque-là, ne change rien : leur phase offensive se termine comme les six précédentes, loin de l’en-but ou même des poteaux de New England, par un coup de pied de dégagement. Les Californiens commencent à sortir de leur torpeur et égalisent (3-3) grâce à un coup de pied de 53 yards de leur buteur Greg Zuerlein, à deux minutes de la fin de la 3e période.

Adam Levine torse nu

Il en faut plus pour faire douter Brady, surnommé « The Greatest ». Il met son équipe en position idéale pour reprendre l’avantage avec une passe de 29 yards pour Rob Gronkowski, qui échoue à deux yards de l’en-but. Sur l’action suivante, le « rookie » Sony Michel fonce dans l’en-but et marque le premier et seul touchdown de la finale. Il donne un avantage décisif à son équipe (10-3), avant un dernier coup de pied de Gostkowski à une minute de la fin du match. Le traditionnel concert de la mi-temps a sans doute fait plus vibrer les spectateurs que le match. Il était aussi attendu après la controverse ayant entouré le choix de Maroon 5, un groupe californien presque exclusivement blanc, pour chanter à Atlanta, haut lieu de la musique noire en général, et du rap en particulier.

Une pétition avait également été lancée pour demander au chanteur Adam Levine et à sa bande de renoncer et de marquer ainsi leur solidarité avec Colin Kaepernick. Cet ancien joueur est devenu persona non grata en NFL après s’être agenouillé, à plusieurs reprises, lors de l’hymne national d’avant-match, pour protester contre les violences policières dont sont victimes de nombreux hommes noirs aux États-Unis. Le concert en lui-même s’est passé sans encombre, avec les rappeurs Travis Scott et Big Boi en invités, jusqu’à ce qu’Adam Levine enlève son tee-shirt pour conclure sa prestation et se retrouve torse nu. Une nouvelle polémique, totalement inattendue, a alors pris immédiatement forme, beaucoup rappelant qu’en 2004 Janet Jackson avait, elle, fait scandale lorsque Justin Timberlake avait dévoilé l’un des seins de la chanteuse lors du concert de la mi-temps. Beaucoup ont ainsi estimé qu’il y avait deux poids deux mesures avec, d’un côté, un homme blanc et de l’autre, une femme noire.

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