A Nantes, une manifestation antifasciste déborde, un élu écologiste au cœur des critiques

L’organisation d’une manifestation « antifa » à Nantes, vendredi 22 janvier, a provoqué samedi un conflit au sein du conseil municipal : plusieurs élus ont publiquement demandé la démission d’un conseiller écologiste, Tristan Riom, qu’ils accusent d’avoir soutenu la mobilisation, pendant laquelle deux vitrines ont été dégradées et deux personnes interpellées par les forces de l’ordre.

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Initié notamment à l’appel du Comité nantais pour l’autonomie des luttes, le cortège a rassemblé plus de 600 personnes dans le centre-ville, vendredi soir. Flambeaux à la main, les manifestants ont commencé leur parcours vers 19 heures avec fumigènes, feux d’artifice et banderoles « Contre le fascisme, le capitalisme, l’autoritarisme ».

Autour de 20 h 30, les vitrines d’un magasin Zara ont été brisées – l’enseigne de prêt-à-porter est régulièrement visée et critiquée par des associations défendant les droits des Ouïgours dans la province chinoise du Xinjiang – ainsi que la devanture d’un Monoprix voisin, ce qui a provoqué l’intervention des forces de l’ordre. Deux personnes ont été interpellées au cour de la soirée, dont une a été placée en garde à vue.

« Il apparaît que mon analyse était erronée »

La manifestation s’est aussi dirigée vers un « bar réputé pour accueillir des militants d’extrême droite », selon le site Internet Nantes révoltée, qui relaie de nombreuses informations sur le mouvement antifasciste de la ville. Un serveur et un client du bar ont été blessés dans une altercation avec des militants antifascistes mais n’ont pas souhaité déposer plainte, selon des sources policières à l’Agence France-Presse.

Peu avant le début des altercations entre les manifestants et les forces de l’ordre, la publication d’un tweet par le conseiller municipal écologiste Tristan Riom a déclenché une série de critiques de la part de ses adversaires politiques : « Marche aux flambeaux contre l’extrême droite. Du monde, de la musique… De quoi interpeller la vie nocturne nantaise sur l’avancée des idées nauséabondes dans notre pays ! », disait le message, accompagné d’une photo du cortège, désormais supprimé.

Samedi matin, la sénatrice de Loire-Atlantique Laurence Garnier (Les Républicains) a appelé dans un communiqué à la démission du conseiller municipal et cinquième adjoint à la maire de Nantes, Johanna Rolland (Parti socialiste). « Saccager des vitrines, mettre le feu à nos magasins, relève manifestement pour Tristan Riom du folklore local », écrit-elle notamment dans son message publié sur Twitter. Un appel relayé par la députée de Nantes Valérie Oppelt (La République en marche), samedi matin. L’adjoint à la sécurité de la ville, Pascal Bolo, membre de la majorité à laquelle sont alliés les élus écologistes, a lui aussi dénoncé la prise de parole de Tristan Riom.

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« Vu la tournure que la manifestation a prise, il apparaît que mon analyse était erronée, et donc que mon message était malvenu », a réagi Tristan Riom sur Twitter, au lendemain de la manifestation, en assurant que son premier tweet avait été posté avant les premières dégradations constatées dans la ville.

Johanna Rolland a, de son côté, condamné « avec force » sur Twitter « les dégradations dont [le] centre-ville a été l’objet » et apporté son « soutien aux commerçants concernés ». La présidente de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais (Les Républicains), a condamné des faits « extrêmement graves ». « Soutien et hommage à nos policiers qui font un travail remarquable face à ces groupuscules ultraviolents », a-t-elle écrit sur Twitter.

Le Monde avec AFP

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