Camille Lou: «Faire un duo avec Garou, c’était un bel honneur»

On vous retrouve depuis le 2 décembre dans un album de reprises de chansons de Disney où vous interprétez un duo avec Garou. Comment s’est passée cette rencontre ?

« En fait, ça s’est fait très rapidement. Je suis chroniqueuse depuis septembre dans l’émission class= »macro » displayname= »gao » name= »gao »Les chansons d’abordclass= »macro » displayname= »gaf » name= »gaf ». Ce jour-là, Garou était notre invité. À chaque fois, on reprend les chansons des artistes. Il a repris Sous le vent avec moi et je crois que ça lui a plu parce que le jour même on lui proposait ce duo et il a pensé à moi. Trois jours après, on enregistrait. Comme souvent, ça s’est fait dans la précipitation. C’est un bel honneur. »

Depuis un an, vous êtes aussi à l’affiche de « 1789, les amants de la Bastille », comment vivez-vous cette nouvelle notoriété ?

« En fait, je ne m’en rends pas compte, même si quand on sort du on voit bien le monde qui nous attend, qui nous soutient, je n’ai pas l’impression d’avoir de la notoriété. C’est énorme. Je pense juste à profiter un maximum et à m’amuser. »

D’autant que le spectacle touchera à sa fin le 5 janvier…

« Avec les récents événements, je n’ai vraiment pas envie que ça se termine. C’est comme une seconde famille, ça fait deux ans que je vis avec eux, tout le temps. C’est riche. J’appréhende ce moment. J’ai peur et ça fait mal au cœur, surtout quand on véhicule un si beau message que celui des droits de l’Homme. J’ai envie de continuer à le transmettre. »

Il y a un mois, une explosion lors des répétitions a coûté la vie un technicien. Comment avez-vous vécu l’événement ce jour-là ?

« Je sortais du métro quand ça s’est passé, j’arrivais seulement au Palais des sports. Je n’ai rien entendu, mais je suis tombée en face de la panique. Les secours n’étaient pas encore arrivés. J’ai compris qu’il y avait eu une catastrophe. Le premier réflexe est de rentrer dans la salle, d’aider les autres à sortir, d’aider les blessés. Quand je suis rentrée et que j’ai vu l’état de la salle… C’est déstabilisant, horrible. Le pire c’est qu’on ne savait rien, d’ailleurs on ne sait pas encore tout et à vrai dire je n’ai pas vraiment envie de savoir. C’est un enchaînement de choses dramatiques. On a perdu un technicien, un ami, Marcus. Ça a été dur. On était en deuil de Marcus, du spectacle aussi. On a perdu un bout du spectacle quand il est parti. »

Après trois semaines d’interruption, le spectacle a repris. Dans quel état d’esprit étiez-vous ?

« Tous les jours, on essaie de lui rendre hommage. La première fois que nous avons rejoué lui était particulièrement dédiée. C’était difficile, mais on a tous tenu le coup. La fin était très triste. On s’est rendu compte que la vie continuait même s’il y a toujours ce vide. Il faut avancer pour lui. On ne peut pas se lamenter. Je n’ai pas perdu mon père ou mon mari. Marcus, lui, avait une femme, une famille. C’était important de reprendre le spectacle, on n’avait pas le droit de finir comme ça. On a repris mais sans . Pas à cause de la dangerosité, beaucoup de spectacles en utilisent. Mais parce que le traumatisme était trop important. »

Ça a changé quelque chose pour vous ?

« Même si j’ai toujours été comme ça, on se rend encore plus compte que la vie est éphémère, qu’il faut profiter de chaque instant. Depuis, je me donne encore plus à fond, sur scène. Je profite encore plus du spectacle. C’est pareil pour nous tous, du coup le jeu semble plus fort. »

Qu’avez-vous appris de ces années avec 1789 ?

« J’ai beaucoup grandi. Je n’avais pas encore 18 ans quand j’ai rencontré Dove Attia (le producteur du spectacle). Depuis, j’ai rencontré beaucoup de personnes en peu de temps, ça m’a fait mûrir. Je suis entourée de plein d‘artistes, et pas que sur scène, mais aussi les metteurs en scène, les costumiers… L’expérience de chacun, leur personnalité… ça m’apporte beaucoup de choses. J’ai aussi appris la comédie, à bouger sur scène… »

On ne se lasse pas de jouer tous les soirs pendant un an le même spectacle ?

« Non. Même si certains jours, quand on n’a pas le moral par exemple, on se dit que ça va être difficile d’être heureux sur scène, en fait on oublie. Je change de personnalité, j’arrive dans mon autre vie. J’essaye de séparer mes deux vies, sur scène, et la vie réelle. En fait, c’est un peu schizophrénique (rires). »

Quels sont vos projets ?

« Je vais continuer les chroniques sur France 3. Là encore, je rencontre plein de personnes, c’est très riche. En ce moment, je travaille à la création de mon album perso. J’ai déjà quelques compos mais je vais essayer de travailler avec d’autres pour construire quelque chose. Ça prend du temps et on ne sait pas ce qui peut arriver. J’espère qu’il sortira et si c’est le cas, assez vite après la fin de 1789. »

Il y a quelque temps, vous évoquiez aussi l’envie de faire du cinéma…

« J’en ai envie, c’est sûr, mais pour le moment j’attends des propositions, que le cinéma m’ouvre aussi les portes si on veut bien de moi. J’irai où le vent me mène. »

Et les comédies musicales, c’est fini ?

« Je ne sais pas. On m’en avait proposé une, mais j’ai refusé. Je ne veux pas être catalogué class= »macro » displayname= »gao » name= »gao »comédie musicaleclass= »macro » displayname= »gaf » name= »gaf », j’ai aussi envie de me lancer avec mon album. Après 1789, ça va être dur de trouver quelque chose d’aussi fort. »

Vous revenez souvent à Maubeuge ?

« Oui, même si c’est vrai que là ça commence à faire quelque temps. J’essaie de rentrer voir mes parents, mon filleul, ma famille. La vie parisienne est vraiment class= »macro » displayname= »gao » name= »gao »speedclass= »macro » displayname= »gaf » name= »gaf », le Nord me manque. Prendre le métro, sans jamais être sûre de l’heure à laquelle on va arriver. On est toujours en retard ou trop en avance… Je suis une fille de la campagne. J’aime juste pouvoir me balader tranquillement, prendre ma voiture… »

Et les études, vous aimeriez les reprendre ?

« Ça dépend de ce qu’on me proposera, si je trouve le temps, oui. Mais en tout cas, si je dois les reprendre, ça ne sera finalement peut-être pas du droit. Je ne sais pas, je crois au destin, je me laisse guider. »

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