Ecologie et feu d’artifice : l’impossible équation de la Mairie de Lyon

Et, on se souvient du 8 décembre 2020, où des Lyonnais avaient procédé sans autorisation à un spectacle du genre, la question des feux d’artifice est un sujet fort sensible dans notre ville.

Les Français étant attachés à cette tradition, il aurait été difficile au Maire de supprimer le feu d’artifice sans se faire traiter de tous les noms d’oiseaux, d’extrémiste bobo, de khmer vert (pensée aux Cambodgiens qui n’ont rien demandé dans cette histoire) et de je ne sais quoi d’autres.

Certains de ses militants, visiblement isolés sur le sujet depuis, avaient pourtant promis pendant la campagne de supprimer l’événement…

Du coup la Mairie a décidé de communiquer sur le côté écologique de l’événement: « Les bombes utilisées sont principalement en papier et carton recyclé, 100% biodégradables. Elles sont étudiées pour ne pas générer de déchets« . La société choisie, Jacques Couturier Organisation, située en Vendée, est par contre bien plus discrète sur l’aspect écologique de la démarche, même si on espère et on imagine que l’appel d’offres a inclus une dimension de réduction de l’empreinte écologique du feu.

Un feu d’artifice de 21 minutes comme prévu tout à l’heure c’est l’équivalent d’une dizaine de milliers de kilomètres en voiture en CO2 avec plus d’une tonne d’émissions.

Pour être honnête, divisé par le nombre de Lyonnais ça ne fait pas grand chose. Et c’est bien moins qu’un vol Lyon-Buenos Aires.

De même les feux d’artifice modernes utilisent maintenant de l’air comprimé pour propulser les engins pyrotechniques ce qui est bien moins polluant que les perchlorates encore utilisés à la fin des années 2000. Mais il s’agit (et je pense que l’élu lyonnais EELV Valentin Lungenstrass ne m’en voudra pas de reprendre l’expression) ici dans cet article de sortir des silos et d’éveiller les consciences.

Mais attention aussi aux particules fines: beaucoup d’études ont conclu à une augmentation par 30 dans la zone de tir (attention habitants du 5e) . Ceci dit le niveau retombe ensuite rapidement à la normale au bout d’une journée.

Ces particules fines génèrent : affections respiratoires, augmentation des risques chez les asthmatiques et les personnes cardiaques…

C’est d’ailleurs pour cela que plus de 400 villes chinoises, pays d’origine du  feu d’artifice, ont fini par en interdire l’usage.

Il ne s’agit pas de reprocher à la Ville de Lyon d’avoir maintenu la tradition (je tiens à le préciser au vu de la susceptibilité pour ne pas dire plus de certains élus et membres du cabinet) du feu d’artifice. Il existe des alternatives moins polluantes comme le son et lumière ou les spectacles de drônes. Mais est-ce vraiment pareil ?

Pour ma part, dans ma révolue époque d’élu, j’avais contribué à supprimer celui du 7e lors de la fête annuelle de quartier qui se déroulait quelques jours avant notre fête nationale et faisait doublon et pollution. Pour rediriger les budgets économisés vers la diffusion artistique.

En tous cas un feu d’artifice écologique ça n’existe pas. Que peut-être un grand feu d’artifice municipal suffit et qu’il n’est pas besoin, comme cela a été fait mercredi par le Maire du 8e Olivier Berzane (élu EELV), d’en rajouter d’autres dans chaque quartier de Lyon.

Un feu d’artifice pour tous les Lyonnais, comme nous allons le voir ce soir, c’est déjà très bien ! Vive la France !

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Romain Blachier

Article source: https://www.lyonmag.com/article/124568/ecologie-et-feu-d-artifice-l-impossible-equation-de-la-mairie-de-lyon