Il n’y aura plus qu’un feu d’artifice du 14-Juillet à Cosne-sur-Loire dès 2022

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« Non, ce n’est pas une institution cosnoise. » Pour comparer, la Saint-Michel en est une, mais pas les quatre feux d’artifice du 14-Juillet sur l’ensemble du territoire communal (sur la Loire à Cosne, dans le quartier Saint-Laurent, à Villechaud et Cours). Le maire Daniel Gillonnier justifie cette position en rouvrant le livre d’histoire, pour retrouver qu’« en 1988 il y avait un seul feu, deux en 1990 et c’est passé à quatre en 1993. Je ne sais pour quelles motivations. En tout cas, il n’y en a pas beaucoup, de villes d’environ 10.000 habitants, qui ont quatre feux. »

« La culture, quelque chose  de mouvant »

Évoqué lors de la campagne préélectorale, confirmé dans le dernier bulletin municipal, le retour à un seul feu, celui de toujours au-dessus de la Loire en ville, sera effectif dès 2022. Sans renier le succès populaire des rendez-vous de la Fête nationale, « peut-être qu’au bout de 20 ans il faut diversifier la culture ». Dans cette logique, supprimer « ce n’est pas priver les Cosnois et les Coursois de feux ».

Pour dire cela, le maire s’en remet à l’identité, au ticket fête nationale-unité communale. « Depuis la fusion de Cosne et Cours en 1973, on est une commune unie et solidaire. » Dans le choix ont pesé, mais moins, les arguments environnemental et économique.

Faire retomber moins de poudre incandescente sur le sol ou l’eau, « oui, mais ce n’est pas le critère de décision ». Quant à soulager la facture totale de 23.207 € pour 4 feux, « ce n’est pas une réduction du budget de la culture. La culture, c’est un budget global et c’est aussi quelque chose de mouvant. On n’est pas obligé de faire ce qu’on faisait il y a 30 ans. »

Trouver d’autres idées

La politique, c’est trancher à un moment. Daniel Gillonnier le fait en pensant que ce dossier ne mérite pas un référendum local.

« Je ne veux pas que les gens du quartier Saint-Laurent, de Cours ou Villechaud aient le sentiment d’être privés d’animations culturelles. »

Daniel Gillonnier (maire)

« Je ne veux pas que les gens du quartier Saint-Laurent, de Cours ou Villechaud aient le sentiment d’être privés d’animations culturelles », poursuit-il. Le tableau rituel des bals et retraites aux flambeaux peut être repeint. « Je compte sur la participation citoyenne qui se met en place et sur chacun pour amener des idées d’animations. »

Le maire délégué de Cours, Patrick Ponsonnaille, s’est « toujours dit qu’il ne fallait pas faire la même chose sur quatre sites différents ». La commune associée aimerait « garder cette vocation pour les enfants, c’est son ADN ». À la retraite aux flambeaux venaient toujours des enfants, et de partout.

Michel Mézy est contre

Au moins une voix de Cosnois s’est déjà élevée sur le sujet, celle de Michel Mézy, 1er maire adjoint de la précédente municipalité en charge de la politique de la ville et de la culture. Pour dire que le passage de 4 à un feu d’artifice n’est « pas la bonne solution ». Lui, juge qu’« un référendum d’initiative populaire aurait été judicieux. C’est une décision prise sans consultation. Animer les quartiers, cela fait partie de la politique de la ville. Ces feux d’artifice installés depuis bien longtemps, ne sont pas des feux pour des feux. Associés notamment à des bals, ils faisaient vivre Cours, Villechaud et Saint-Laurent, ils donnaient la possibilité aux habitants de se rencontrer, d’avoir une vie ensemble. Le maire termine les traditions qui existent. Je me demande si les efforts actuels sur le commerce de centre-ville vont bien le relancer et s’ils ne se feront pas au détriment de la vie culturelle et sociale de Cosne-Cours. La ville est en train de se resserrer sur son centre-ville. On se demande si demain d’autres manifestations culturelles ne seront pas supprimées pour satisfaire à d’autres exigences. »

Pas de feu d’artifice en 2021. Il était impossible, en février à l’heure de signer un contrat avec un artificier, de se projeter sur la latitude que laisserait la crise sanitaire en été. « Je n’ai pas voulu prendre d’engagement financier pour des choses qu’on n’était pas sûr de réaliser », résume le maire Daniel Gillonnier.

Florent Maupas

Article source: https://www.lejdc.fr/cosne-cours-sur-loire-58200/loisirs/il-n-y-aura-plus-qu-un-feu-d-artifice-du-14-juillet-a-cosne-sur-loire-des-2022_13964409/