Le feu de la passion pour les explosions d’artifice

Pour la première fois, Margot Auzier succède à son père, Patrick Auzier, à la réalisation du du château de Roquetaillade.

Le maître laisse sa place après trente-cinq ans d’explosions, un accident l’an dernier et un arrêt de travail se prolongeant encore aujourd’hui.

Sa fille, passionnée comme lui, assure la continuité. Margot a 9 mois lorsqu’elle assiste à son premier feu d’artifice. Elle grandit de spectacle en spectacle, au milieu des artifices de son père. Aujourd’hui âgée d’une vingtaine d’années, elle reprend le flambeau et endosse la fonction de responsable de feu pour la première fois à Mazères.

« Je dois tout à mon père », explique la jeune femme. Elle a désormais la certification nécessaire à la gestion d’un feu d’artifice en poche. Le diplôme lui a surtout appris les dispositions législatives inhérentes aux explosions.

Pour la pratique, Patrick Auzier est son vrai mentor. Leur relation très fusionnelle a pris un tour nouveau avec ce passage de témoin. La relève se fait en douceur. Père et fille partagent les dernières années de Patrick Auzier en tant qu’artificier. Le maître est un adepte du méchage manuel ; sa fille, des outils informatiques : tous deux se complètent. Pour Margot, un apprentissage de tous les instants ; pour Patrick, une fierté toujours plus grande.

« Une explosion intérieure »

Margot est animée d’une passion peu commune : celle des feux d’artifice. Une passion viscérale, « un virus ». La jeune femme vibre à chaque allumage.

« L’explosion est le moment le plus intense. Elle me procure une bonne dose d’adrénaline. »

Margot Auzier aime les sensations fortes. Elle a appris à composer avec le danger inhérent à la pratique du feu d’artifice et même à en retirer un certain plaisir. « Les risques, permanents au moment du tir, font monter l’adrénaline et l’intensité de l’instant. »

Elle n’oublie pas pour autant les mesures de sécurité et se tient prête en permanence à adapter son dispositif au vent, à la météo, à l’imprévisible. « Nous veillons en permanence les uns sur les autres », souligne Margot.

Pour le de Mazères elle dirige une équipe de 10 personnes. L’esprit de corps est une des qualités nécessaires aux artificiers. L’implication de tous doit être maximale pour assurer le spectacle et la sécurité. La responsable de feu est là pour y veiller. Un travail de titan pour un spectacle éphémère.

Des semaines de travail

Un spectacle du calibre de celui de Roquetaillade nécessite un travail important en amont. L’écriture du feu en est la première étape.

Il faut concevoir et articuler les explosions avec les musiciens et avec le lieu. Margot et Patrick Auzier travaillent de concert pour l’écriture. « La création artistique me plaît beaucoup. Cet aspect du travail est en constante évolution. »

À Roquetaillade, le synopsis du feu intègre le château et la forêt environnante au spectacle.

Mais tout ce travail préalable ne peut être qu’imaginé. Aucun essai n’est effectué avant le tir réel. Il faut pouvoir se représenter le résultat final sans le voir. Les choses deviennent concrètes au moment de l’explosion.

Une fois le feu d’artifice écrit, le travail de terrain peut débuter.

À Roquetaillade, le méchage et le montage représentent cinq jours de labeur intense. Tout doit être parfait pour assurer le spectacle et la sécurité de tous.

La tâche réclame une concentration de tous les instants avant, pendant et après le tir.

Une fois le spectacle terminé, Margot Auzier doit effectuer une batterie de vérifications et un contrôle du site : « Je n’atterris qu’après le démontage. »

Artifice opéra « Liberté » hommage à Léo Ferré dans le cadre de la 36e Hestejada de las artes d’Uzeste, de la compagnie Lubat. Dimanche 18 août. 19 heures : apéro-impro à la grange du château. 19 h 30 : restauration dans le parc du château. 21 h 30 : opéra artifice dans la prairie du château.

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