Les images incroyables de l’Ariégeois Phil Bence, cordiste et spéléologue, perché sur la plus haute tour de Co

Vingt-huit cordistes, « spéléologues pour la plupart, mais aussi grimpeurs et alpinistes, tous expérimentés. Originaires des Alpes, des Cévennes et des Pyrénées, qui se retrouvent plusieurs fois par an aux quatre coins du monde » : c’est l’équipe dont l’Ariégeois Phil Bence a fait partie, durant plusieurs semaines, pour installer des feux d’artifice sur la Lotte World Tower, haute de 555 mètres, à Séoul.

« Nous sommes tous amoureux de nature, de montagne et de grands espaces, remarque Phil Bence. Mais nos rendez-vous se font pourtant en milieu urbain, au cœur des plus grandes cités de la planète, sur les plus impressionnantes constructions faites par l’Homme ».

La cordiste Leslie Graff sur le Burj Khalifa, à Dubaï
La cordiste Leslie Graff sur le Burj Khalifa, à Dubaï
– Phil Bence

Après Dubaï, en décembre dernier

En décembre dernier, l’équipe de cordistes et d’artificiers se trouvait sur la Burj Kalifa, à Dubaï. Cette tour, haute de plus de 800 mètres, garde son titre de plus haute tour du monde depuis déjà dix ans. Les spécialistes du groupe F ont installé les éléments du feu d’artifice tiré lors du passage à la nouvelle année dans cet état des Emirats. Un feu d’artifice retransmis par de nombreuses télévisions dans le monde entier.

Des kilomètres de cordes avalés

Après Dubaï, en décembre dernier, Phil Bence a donc retrouvé la Lotte Wordl Tower, ce printemps. L’équipe était constituée de cordistes, mais également de dix artificiers, chargés de mettre en scène un spectaculaire feu d’artifice.

La Lotte World Tower, à Séoul qui culmine à 555 mètres d’altitude.
La Lotte World Tower, à Séoul qui culmine à 555 mètres d’altitude.
– Phil Bence

« Notre travail, reprend Phil Bence, consiste à poser des centaines de supports le long de six arêtes, sur 500 mètres de haut, pour accueillir des milliers d’effets pyrotechniques. Par la magie de l’informatique et des câblages, ils vont s’harmoniser dans un jeu de formes et de lumières imaginé par le designer du spectacle ».
Les cordistes travaillent par équipes de trois, sur des lignes de deux cents mètres de haut. Dès que l’une est installée, ils passent à la suivante. Ainsi de suite, jusqu’à ce que tout soit mis en place testé, et validé. « Deux cents mètres par descente, quatre à six fois par jour… Au final, ce sont des kilomètres de cordes avalés par les descendeurs », fait remarquer Phil Bence.

Les cordistes travaillent par équipes de trois, sur des lignes de deux cents mètres de haut.
Les cordistes travaillent par équipes de trois, sur des lignes de deux cents mètres de haut.
– Phil Bence

Le stress du jour J

« Nous cordistes, nous sommes de modestes artisans dans ces installations complexes et minutieuses, conclut le spéléologue ariégeois. Mais nous avons le plaisir et un soupçon de fierté d’y avoir participé. La satisfaction aussi d’avoir apporté un moment de bonheur et d’émerveillement à de si nombreuses personnes ». Et, le jour J, quand le compte-à-rebours commence, cordistes et artificiers se rejoignent dans le même stress : « Le droit à l’erreur n’existe pas ». Comme lorsqu’on est pendu à un fil, à 500 mètres de hauteur.
 

Article source: https://www.ladepeche.fr/2019/05/19/les-images-incroyables-de-lariegeois-phil-bence-cordiste-et-speleologue-perche-sur-la-plus-haute-tour-de-coree,8209063.php