Puy-de-Dôme : les artificiers dans l’incertitude pour le 14 juillet

Dans de nombreuses communes du Puy-de-Dôme, l’organisation du traditionnel feu d’artifice du 14 juillet est en suspens. Cette situation est très problématique pour les artificiers, pour qui ce week-end est le temps fort de l’année. « On est en attente, certains organisateurs veulent attendre les nouvelles annonces du gouvernement le 22 juin prochain. Il y a aussi le problème des feux d’artifices commandés par les mairies. Un certain nombre de maires ne savent pas s’ils seront élus ou réélus au second tour, ils ne peuvent pas prendre de décision », regrette Jean-Christophe Lauradoux, artificier à Saint-André-le-Coq depuis 26 ans. C’est lui qui, habituellement, s’occupe de tirer le feu d’artifice du 14 juillet à Clermont-Ferrand, mais pour l’heure, la mairie n’a pas communiqué sur le maintien ou l’annulation de l’évènement.

Annulations et reports en cascade

« Quelques grosses villes vont reporter ou ne savent pas encore, comme Montluçon, Cébazat ou Lezoux. D’autres ont annulé, comme Cournon, Volvic, Puy-Guillaume ou la Roche-Blanche », s’inquiète Hugo Bertrandon, gérant de la société 2B Evènement Ciel. Tout comme Jean-Christophe Lauradoux, il a vu de nombreux évènements s’annuler les uns à la suite des autres. Habituellement, une centaine de feux d’artifices sont tirés dans le Puy-de-Dôme. Cette année, paradoxalement, moins les feux d’artifices seront nombreux, plus ils seront interdits. « On doit déposer une demande en préfecture un mois à l’avance mais cette année, les délais sont un peu assouplis. Je comprends que les élus locaux aient des réticences à prendre cette responsabilité mais le problème, c’est que moins il y aura d’autorisations demandées, plus les préfectures vont craindre que les gens ne se rassemblent autour des 3, 4 mêmes feux d’artifice », alerte Hugo Bertrandon.

Une logistique importante

Cette année, Jean-Christophe Lauradoux a perdu près de 80% de son chiffre d’affaires. Habituellement, la saison débute en février et se termine au mois d’octobre. « On a quelques illuminations à Noël, mais ce n’est pas ça qui va nous permettre de rattraper ce qui a été perdu. » De plus, les protocoles stricts de fabrication et de transport de ces produits hautement inflammables ne peuvent pas s’organiser à la dernière minute : « Si il y a une reprise, ça va être la course. Il y a énormément de logistique, alors on encourage les organisateurs à maintenir leurs événements, quitte à annuler, pour qu’on puisse faire les déclarations et engager les procédures », affirme Hugo Bertrandon. Si le 14 juillet est incertain, il est possible que le mois d’août soit plus riche en évènements pour les pyrotechniciens, mais une deuxième menace plane pour la fin de l’été : la sécheresse.

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