Ruelle : la DCNS fête les cent ans de son champ de tir

Lundi matin, la DCNS célèbrera les cent ans de son champ de tir au quartier de Vaugeline. Là où les canons, propulseurs et lance-missiles sont testés depuis 1913 à l’abri des regards.Pas beaucoup plus d’une douzaine parmi les 850 salariés ruellois gravitent autour de ce site.

  • Les deux tunnels ont été construits par l’homme dans les années 1910 avant d’accueillir en 1934 le plus gros canon jamais testé à Ruelle: un 380 mm.

    Les deux tunnels ont été construits par l’homme dans les années 1910 avant d’accueillir en 1934 le plus gros canon jamais testé à Ruelle: un 380 mm. PHOTO/(Photos DCNS)

  • Les deux tunnels ont été construits par l’homme dans les années 1910 avant d’accueillir en 1934 le plus gros canon jamais testé à Ruelle: un 380 mm.

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    Les deux tunnels ont été construits par l’homme dans les années 1910 avant d’accueillir en 1934 le plus gros canon jamais testé à Ruelle: un 380 mm. PHOTO/(Photos DCNS)
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Lundi matin à 8h30, la direction de la DCNS de Ruelle, entourée d’une vingtaine de salariés, fêtera les cent ans du champ d’épreuve pyrotechnique de Vaugeline, autour d’un « petit-déjeuner du siècle ». Celui que l’on appelle fréquemment dans la commune le champ de tir a été inauguré le 15 décembre 1913.

C’est là, sur les hauteurs du quartier de Vaugeline, que durant des décennies la Fonderie a testé les canons qu’elle fabriquait pour équiper les navires de l’armée française. « À l’époque de son inauguration, ce terrain était en pleine campagne », rappelle Ludovic Colin, directeur de la communication du site ruellois de la DCNS.

Aujourd’hui, il est entouré de pavillons, à proximité du stade de foot. Les anciens se souviennent du temps où les coups de sirène alertaient la population de tirs imminents. Ou encore du passage d’agents municipaux qui demandaient aux habitants d’ouvrir leurs fenêtres pour prévenir de tout bris de glace. « On entendait parfaitement, il y avait des secousses dans le sol, se souvient Arlette Devoye, qui a grandi à Vaugeline. Avec le temps, certaines maisons avaient même des fissures« .

Francine Caron, la soeur d’Arlette, habite aujourd’hui juste à côté du champ d’épreuve pyrotechnique. Le bout de son jardin arrive jusqu’aux barbelés qui entourent la zone. « Cela fait beaucoup moins de bruit qu’autrefois, mais quand il y a des tests, les vitres de la maison tremblent encore », témoigne-t-elle.

 

Unique centre DCNS en France

Si les nuisances se sont estompées, c’est que la DCNS ne teste plus de canons. « Il s’agit désormais le plus souvent de lance-missiles et de propulseurs à gaz ou encore des tourelles de 100mm pour les frégates. Elles sont chargées d’obus inertes, donc sans explosif », précise Ludovic Collin.

Rien à voir donc avec le fameux canon de 380mm, le plus gros jamais testé ici même avant la Seconde guerre mondiale, lorsque la France commençait à s’armer.

Sur place, on a construit de toutes pièces deux chambres à sable, ensuite enterrées, où viennent s’écraser depuis cent ans les munitions expulsées par les canons ou les propulseurs, positionnés sur des rails. Si la poudre a laissé place à des engins électroniques de très haute technologie, le champ de tir de Ruelle est devenu l’unique site d’expertise pyrotechnique pour l’ensemble de la dizaine de sites DCNS en France. « On vient donc ici d’un peu partout faire des essais, appuie Ludovic Colin. C’est aussi un lieu de formation interne en pyrotechnie et ce sera prochainement ouvert aux personnels des marines clientes de l’entreprise du monde entier. »

Quand il ne s’agit pas de simulations de tirs, le site sait également se muer en véritable laboratoire. Sur place, dans un bâtiment dédié, sont également testés certains équipements de navires avant leur mise en service. « Ils subissent des tests de vibration pendant des journées entières ou sont soumis à des températures soit extrêmement chaudes, soit très froides », précise le directeur de la communication.

Un lieu impénétrable, que seules quelques rares personnes bénéficiant d’autorisations spéciales fréquentent. « Pas beaucoup plus d’une douzaine de personnes parmi les 850 salariés ruellois gravitent autour de ce site », avance Ludovic Colin.

Depuis un siècle, le champ d’épreuve pyrotechnique de Vaugeline conserve donc précieusement ses petits et grands secrets. Classés défense.



Article source: http://www.charentelibre.fr/2013/12/14/ruelle-fete-cent-ans-de-tirs,1870455.php