Israël bannit les feux d’artifice pour ne pas traumatiser les ex-soldats


À l’approche de la célébration de la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël le 14 mai prochain, certaines villes s’apprêtent à apporter quelques modifications aux festivités. Selon nos confrères du Guardian, mercredi 4 mai, une douzaine de villes, parmi lesquelles Tel-Aviv, ont décidé de ne pas célébrer cet anniversaire au moyen des traditionnels feux d’artifice. Jérusalem, de son côté, compte opter pour un spectacle pyrotechnique silencieux.

Cette décision est avant tout une mesure sanitaire. De santé mentale, plus précisément. Il s’agit, en effet, de prendre en considération les vétérans de l’armée et les autres habitants souffrant de stress post-traumatique, pour qui les puissantes explosions des feux d’artifice peuvent se révéler une expérience difficile. De nombreux anciens combattants avaient protesté contre l’utilisation de ces procédés pyrotechniques, affirmant que ces festivités rappelaient à beaucoup les horreurs de la guerre. « Pour la plupart des Israéliens, les feux d’artifice sont peut-être de belles images dans le ciel, écrit le ministre de la Culture. Mais pour les vétérans, ils sonnent comme les coups de feu et le combat. Ils ont assez combattu, ils l’ont payé très cher. Cette année, nous leur tendons la main. »

Au moins 5 000 anciens soldats concernés

Selon les chiffres du ministère israélien de la Défense, rapportés par le Guardian, au moins 5 000 anciens soldats souffrent de stress post-traumatique. Mais on estime que ces chiffres sont en deçà de la réalité. Cette décision intervient un peu plus d’un an après un fait divers qui avait profondément marqué le pays. Un jeune vétéran de 26 ans s’était grièvement blessé en s’immolant par le feu, protestant contre la façon dont les autorités l’avaient traité. Reconnu comme handicapé à 25 % pour son stress post-traumatique à cause de son service militaire, il demandait à l’être à 50 %. Mais l’administration estimait qu’une partie de ses traumatismes provenaient de son enfance. Après plusieurs mois de coma, son état s’améliore aujourd’hui.

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On estime qu’entre 5 % et 8 % de la population du pays a été diagnostiquée comme souffrant de stress post-traumatique. Ces chiffres sont similaires à ceux des pays occidentaux. Dans les territoires palestiniens, où les données sont moins précises, une étude estime qu’un adolescent sur quatre est touché.


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