Les shows pyrotechniques de la société toulousaine Lacroix-Ruggieri

-DIAPORAMA- – En France, on n’a pas de pétrole mais on a des feux d’artifice. Comme chaque année à la même époque, la société haut-garonnaise Lacroix-Ruggieri, spécialisée dans les prestations pyrotechniques haut de gamme, va assurer le spectacle aux quatre coins du globe : Tahiti, Roumanie, Martinique, Gabon, Marrakech, Rabah, Ibiza, Saint-Barthelemy « pour une clientèle très jet-set » et surtout, les pays du Moyen-Orient.

« Le chiffre d’affaires de la fin de l’année ne représente pas grand-chose, pas plus de 10 %, explique le directeur artistique de Lacroix-Ruggieri, David Proteau. En France, il n’est pas dans les traditions de réaliser de grands shows pyrotechniques, surtout en ce moment où les villes ne disposent pas de budgets importants. On assure bien quelques spectacles, comme ce fut le cas à Carcassonne pour Noël, mais ce n’est pas énorme. Le 31 décembre, nous travaillons surtout à l’étranger, notamment au Moyen Orient avec des grands shows pyrotechniques privés à destination des émirs et des sultans. Imaginez le feu d’artifice de Toulouse le 14 juillet : hé bien c’est dix fois plus important ! » Lacroix-Ruggieri, astreint au silence par une clause de confidentialité, ne peut révéler les noms de ses richissimes clients. Mais ses bureaux de Dubaï planchent toute l’année sur les caprices des aristocrates du Golfe : « Nous ne proposons jamais deux fois le même spectacle, chaque événement est unique. Mais nous nous adressons là-bas à des gens qui ont déjà tout vu et qui veulent mieux chaque année. Alors il faut se creuser la tête. Nous allons au-delà du feu d’artifice, c’est du son et lumière, du théâtre pyrotechnique. On devient des artificiers de la lumière ! » Les plus narcissiques paient rubis sur l’ongle pour avoir leur portrait pyrotechnique : « On redessine le visage de sultans en feu d’artifice en une minute. Ce n’est pas dans le ciel, mais sur un échafaudage », raconte David Proteau.

plusieurs millions de dollars

Cette année, les shows prendront de l’altitude, avec des tirs jusqu’à 11 kilomètres de haut : « Nos clients veulent des spectacles dynamiques et aériens. C’est un peu comme la haute couture : il y a des collections et des tendances. Avec des budgets pharaoniques, qui se chiffrent en millions de dollars.

Comme ce type de clientèle assiste à des feux d’artifice toute l’année, ils ont une vue sur la pyrotechnie mondiale, sont très exigeants et en quelque sorte, créent la pyrotechnie de demain ».

D’ores et déjà, Lacroix-Ruggieri s’apprête à battre un record : celui du plus gros feu d’artifice jamais tiré. Il le sera en septembre 2009. Dans un pays du Golfe.


Les artificiers partent en couple

Mélanger travail et sentiments ? Pas de problème chez Lacroix-Ruggieri qui expédie dans le monde entier des couples d’artificiers, mari et femme, le soir du 31 décembre. « Des salariés ou des passionnés qui bloquent le 31 pour réaliser des spectacles de fin d’année. On ne veut pas séparer les familles, alors les couples partent ensemble. Ils tirent le feu d’artifice, réveillonnent ensemble puis démontent le lendemain. » Une vingtaine de couples sont dans ce cas. Quant à David Proteau, il devrait lui aussi partir à l’étranger ce soir. Mais pour espionner les spectacles pyrotechniques de ses concurrents.

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