Voix et chapitres: «San Antonio, c’est un feu d’artifice. Du polar arc …

«Pour faire lire les gosses, il faut les appâter avec quelque chose de fun.» Michaël Sanlaville sait de quoi il parle. Gamin, ce Lyonnais d’origine, âgé aujourd’hui de 35 ans, répugnait à ouvrir un livre. Enfin, «un vrai», selon les critères de sa mère, désespérée par ses lectures. Biberonné au manga et aux grands classiques de la BD franco-belge, le coauteur de la série Lastman a longtemps trouvé la littérature «poussiéreuse». Jusqu’à ce qu’il tombe, par hasard croyait-il, sur un carton bourré de San Antonio, laissé bien en évidence chez lui.

Intrigué par les couvertures aguicheuses, il se saisit d’un de ces pockets de gare griffés Frédéric Dard. «Je tombe sur un dessin de Wolinski, qui fait la couverture du Bal des rombières. Je le lis, et je ne décroche plus. J’ai 13-14 ans, c’est un coup de foudre», raconte-t-il au bout du fil, encore ému par ce dépucelage littéraire. «Évidemment, je ne peux pas accuser ma maman de m’avoir mis des bouquins aussi tendancieux entre les mains. Mais je me demande s’il n’y a pas quelque chose derrière…»

Les années ont passé, et Sanlaville n’a rien perdu de sa fascination pour San Antonio. Au point d’adapter en bande dessinée le célèbre commissaire créé par Frédéric Dard en 1949. Une première? Même pas: de 1963 à 1975, Henry Blanc avait animé San Antonio dans France-Soir, au fil d’une série de strips glissant les mots sous les images. Parallèlement, entre 1972 et 1975, le studio Henri Desclez avait tenté de retranscrire l’univers rabelaisien de Béru et ses potes dans une série d’albums – sept au total – aux textes adaptés par Patrice Dard, fils de son père. Pas vraiment une réussite.

Quatre décennies plus tard, Sanlaville prend le relais avec son style et ses cadrages ultradynamiques inspirés par les anime à la japonaise. Couleurs pop, rythme soutenu, fidélité au verbe burlesque de Dard, ce San Antonio nouveau a de l’avenir. Toujours épaulé par le truculent Bérurier, le voilà qui mène l’enquête dans un patelin du Beaujolais. Deux élèves d’une école ont disparu, et leur instituteur a été assassiné. Ça va barder…

Vous entamez cette adaptation avec «San Antonio chez les gones», un roman qui est le 51e des 175 volumes de la série. Pourquoi ce choix?

Cet album offre un petit clin d’œil par rapport aux origines de Frédéric Dard. Un «gone», c’est un môme, dans l’argot lyonnais. Dard a grandi à Lyon et dans ses alentours, moi aussi. Il situe l’action de ce livre à Grangognant-au-Mont-d’Or, un bled imaginaire dans la campagne. J’ai dessiné le village de mon enfance, les sentiers où j’allais faire du vélo. Une façon pour moi de ne pas me mettre trop de pression au niveau des recherches graphiques, pour me concentrer sur les héros, le découpage et la mise en scène des dialogues.

Quid des répliques flamboyantes des personnages?

Je les ai conservées telles quelles, en particulier le langage argotique et charretier de Béru. Je n’ai vraiment rien touché aux dialogues, sauf lorsque la mise en scène m’imposait un aménagement.

Difficile de préserver en bande dessinée la saveur d’un San Antonio?

Pas évident. Frédéric Dard est réputé pour ses grandes digressions et ses passages en voix off. Dans la BD, j’ai dû faire des concessions à ce niveau, me servir de l’image au mieux pour remplacer tout ça. Autant que j’ai pu, j’ai calé des petites remarques en forme de punchlines. Sur ce premier album, je suis un petit peu timide, parce que je veux d’abord bien poser mon univers. Dans le second volume, une adaptation de Si ma tante en avait sur laquelle je travaille en ce moment, j’irai un peu plus loin dans les voix off.

Chez San Antonio, les intrigues restent secondaires. Comment avez-vous procédé pour avoir une histoire qui tienne la route?…

J’ai manœuvré avec les incohérences, en restant au plus près de l’esprit original. Dans San Antonio chez les gones, l’enquête est un peu cousue de fil blanc, ça part dans tous les sens. Mais ce qui fait le sel d’un San Antonio, ce sont davantage ses personnages, ses scènes rocambolesques ou grivoises, et ses digressions sur l’amour et la mort.

Comment donner un visage aux personnages mythiques de Dard?

Je me suis posé ce genre de questions depuis que je lis San Antonio. C’est un grand séducteur. Je lui ai donné plus ou moins les traits d’Alain Delon, tout à la fois icône de la beauté et acteur réunissant la génération qui a lu San Antonio. Pour Bérurier, ça a été plus compliqué. Il m’a fallu me détacher un peu des descriptions de Dard. Béru, ça peut vite devenir un monstre de foire, taché, bariolé, un ivrogne qui tire vers le clochard. Alors que ce qui se dégage de lui en premier, c’est son côté nounours. Une brute au cœur tendre.

Les pages écrites par Dard contiennent pas mal de scènes plutôt lestes. Ce n’est pas vraiment le cas dans cet album…

Pour l’instant. S’agissant d’un premier album, je voulais d’abord travailler mes personnages, être à l’aise avec eux. Par ailleurs, dans cette enquête en particulier, il n’y a pas tant de scènes érotiques ou grivoises. Petit à petit, on va aller vers plus de légèreté. Mais pas tout de suite.

«San Antonio chez les gones» est paru en 1962. Tout en restant assez intemporel, vous situez cet épisode davantage dans le présent…

On est dans un présent très inspiré de mon enfance, c’est-à-dire les années 90. En toute modestie, j’aime bien effectuer une analogie avec Jean-Pierre Jeunet. Quand il raconte Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, on a un film truffé d’éléments propres aux années 60, son enfance à lui. Mais à bien y regarder, on est dans les années 2000. Je procède de la même façon. J’apporte un peu de modernité à un personnage qui sous certains aspects peut paraître un peu démodé.

Au fil des pages de votre album apparaissent les caricatures de plusieurs personnalités, tels Dominique Strauss-Kahn, Gérard Depardieu ou Éric Zemmour. C’est votre péché mignon?

Oui, j’adore ça. Je suis un fan d’Uderzo et de Morris, des maîtres en termes de caricature. Relisez Astérix et Lucky Luke. Je m’inscris dans cette lignée. Pour insuffler de la vie à un personnage, c’est toujours intéressant de partir d’une base existante.

Dans votre mise en couleur, vous privilégiez les teintes plutôt pop…

Dans San Antonio, on n’est pas du tout dans du polar noir et blanc à la Maigret ou dans la grisaille de Nestor Burma. San Antonio, c’est la fête, du polar arc-en-ciel. Ça coule, ça saigne, ça explose, c’est un feu d’artifice. N’en déplaise à certains puristes, c’était important pour moi d’aller vers une palette de couleurs très vives plutôt que vers des ambiances chargées, qui auraient étouffé le dessin et le récit.

«San Antonio chez les gones», par Michaël Sanlaville, d’après Frédéric Dard. Ed. Casterman, 96 p.

(TDG)

Créé: 30.03.2018, 20h39

Article source: https://www.tdg.ch/culture/livressan-antonio-c-feu-dartifice-polar-arcenciel/story/10335457

«San Antonio, c’est un feu d’artifice. Du polar arc-en-ciel!»

«Pour faire lire les gosses, il faut les appâter avec quelque chose de fun.» Michaël Sanlaville sait de quoi il parle. Gamin, ce Lyonnais d’origine, âgé aujourd’hui de 35 ans, répugnait à ouvrir un livre. Enfin, «un vrai», selon les critères de sa mère, désespérée par ses lectures. Biberonné au manga et aux grands classiques de la BD franco-belge, le coauteur de la série Lastman a longtemps trouvé la littérature «poussiéreuse». Jusqu’à ce qu’il tombe, par hasard croyait-il, sur un carton bourré de San Antonio, laissé bien en évidence chez lui.

Intrigué par les couvertures aguicheuses, il se saisit d’un de ces pockets de gare griffés Frédéric Dard. «Je tombe sur un dessin de Wolinski, qui fait la couverture du Bal des rombières. Je le lis, et je ne décroche plus. J’ai 13-14 ans, c’est un coup de foudre», raconte-t-il au bout du fil, encore ému par ce dépucelage littéraire. «Évidemment, je ne peux pas accuser ma maman de m’avoir mis des bouquins aussi tendancieux entre les mains. Mais je me demande s’il n’y a pas quelque chose derrière…»

Les années ont passé, et Sanlaville n’a rien perdu de sa fascination pour San Antonio. Au point d’adapter en bande dessinée le célèbre commissaire créé par Frédéric Dard en 1949. Une première? Même pas: de 1963 à 1975, Henry Blanc avait animé San Antonio dans France-Soir, au fil d’une série de strips glissant les mots sous les images. Parallèlement, entre 1972 et 1975, le studio Henri Desclez avait tenté de retranscrire l’univers rabelaisien de Béru et ses potes dans une série d’albums – sept au total – aux textes adaptés par Patrice Dard, fils de son père. Pas vraiment une réussite.

Quatre décennies plus tard, Sanlaville prend le relais avec son style et ses cadrages ultradynamiques inspirés par les anime à la japonaise. Couleurs pop, rythme soutenu, fidélité au verbe burlesque de Dard, ce San Antonio nouveau a de l’avenir. Toujours épaulé par le truculent Bérurier, le voilà qui mène l’enquête dans un patelin du Beaujolais. Deux élèves d’une école ont disparu, et leur instituteur a été assassiné. Ça va barder…

Vous entamez cette adaptation avec «San Antonio chez les gones», un roman qui est le 51e des 175 volumes de la série. Pourquoi ce choix?

Cet album offre un petit clin d’œil par rapport aux origines de Frédéric Dard. Un «gone», c’est un môme, dans l’argot lyonnais. Dard a grandi à Lyon et dans ses alentours, moi aussi. Il situe l’action de ce livre à Grangognant-au-Mont-d’Or, un bled imaginaire dans la campagne. J’ai dessiné le village de mon enfance, les sentiers où j’allais faire du vélo. Une façon pour moi de ne pas me mettre trop de pression au niveau des recherches graphiques, pour me concentrer sur les héros, le découpage et la mise en scène des dialogues.

Quid des répliques flamboyantes des personnages?

Je les ai conservées telles quelles, en particulier le langage argotique et charretier de Béru. Je n’ai vraiment rien touché aux dialogues, sauf lorsque la mise en scène m’imposait un aménagement.

Difficile de préserver en bande dessinée la saveur d’un San Antonio?

Pas évident. Frédéric Dard est réputé pour ses grandes digressions et ses passages en voix off. Dans la BD, j’ai dû faire des concessions à ce niveau, me servir de l’image au mieux pour remplacer tout ça. Autant que j’ai pu, j’ai calé des petites remarques en forme de punchlines. Sur ce premier album, je suis un petit peu timide, parce que je veux d’abord bien poser mon univers. Dans le second volume, une adaptation de Si ma tante en avait sur laquelle je travaille en ce moment, j’irai un peu plus loin dans les voix off.

Chez San Antonio, les intrigues restent secondaires. Comment avez-vous procédé pour avoir une histoire qui tienne la route?…

J’ai manœuvré avec les incohérences, en restant au plus près de l’esprit original. Dans San Antonio chez les gones, l’enquête est un peu cousue de fil blanc, ça part dans tous les sens. Mais ce qui fait le sel d’un San Antonio, ce sont davantage ses personnages, ses scènes rocambolesques ou grivoises, et ses digressions sur l’amour et la mort.

Comment donner un visage aux personnages mythiques de Dard?

Je me suis posé ce genre de questions depuis que je lis San Antonio. C’est un grand séducteur. Je lui ai donné plus ou moins les traits d’Alain Delon, tout à la fois icône de la beauté et acteur réunissant la génération qui a lu San Antonio. Pour Bérurier, ça a été plus compliqué. Il m’a fallu me détacher un peu des descriptions de Dard. Béru, ça peut vite devenir un monstre de foire, taché, bariolé, un ivrogne qui tire vers le clochard. Alors que ce qui se dégage de lui en premier, c’est son côté nounours. Une brute au cœur tendre.

Les pages écrites par Dard contiennent pas mal de scènes plutôt lestes. Ce n’est pas vraiment le cas dans cet album…

Pour l’instant. S’agissant d’un premier album, je voulais d’abord travailler mes personnages, être à l’aise avec eux. Par ailleurs, dans cette enquête en particulier, il n’y a pas tant de scènes érotiques ou grivoises. Petit à petit, on va aller vers plus de légèreté. Mais pas tout de suite.

«San Antonio chez les gones» est paru en 1962. Tout en restant assez intemporel, vous situez cet épisode davantage dans le présent…

On est dans un présent très inspiré de mon enfance, c’est-à-dire les années 90. En toute modestie, j’aime bien effectuer une analogie avec Jean-Pierre Jeunet. Quand il raconte Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, on a un film truffé d’éléments propres aux années 60, son enfance à lui. Mais à bien y regarder, on est dans les années 2000. Je procède de la même façon. J’apporte un peu de modernité à un personnage qui sous certains aspects peut paraître un peu démodé.

Au fil des pages de votre album apparaissent les caricatures de plusieurs personnalités, tels Dominique Strauss-Kahn, Gérard Depardieu ou Éric Zemmour. C’est votre péché mignon?

Oui, j’adore ça. Je suis un fan d’Uderzo et de Morris, des maîtres en termes de caricature. Relisez Astérix et Lucky Luke. Je m’inscris dans cette lignée. Pour insuffler de la vie à un personnage, c’est toujours intéressant de partir d’une base existante.

Dans votre mise en couleur, vous privilégiez les teintes plutôt pop…

Dans San Antonio, on n’est pas du tout dans du polar noir et blanc à la Maigret ou dans la grisaille de Nestor Burma. San Antonio, c’est la fête, du polar arc-en-ciel. Ça coule, ça saigne, ça explose, c’est un feu d’artifice. N’en déplaise à certains puristes, c’était important pour moi d’aller vers une palette de couleurs très vives plutôt que vers des ambiances chargées, qui auraient étouffé le dessin et le récit.

«San Antonio chez les gones», par Michaël Sanlaville, d’après Frédéric Dard. Ed. Casterman, 96 p.

(TDG)

Créé: 30.03.2018, 20h39

Article source: https://www.tdg.ch/culture/livressan-antonio-c-feu-dartifice-polar-arcenciel/story/10335457

Offrir un feu d’artifice à son public

Sur le terrain du bord de la Léde, c’est le dernier match de la saison régulière. Sur le terrain du bord de la Lède flottera une ambiance rare. Tous, joueurs, dirigeants et public fidèle, auront la sensation de partager quelque chose de précieux, à la fois le sentiment du devoir accompli car le club est qualifié, sourire d’une promesse printanière si propice aux capelains et nostalgie profonde de vivre le dernier match du P.A, sans en connaître la suite alors que tous ont le cœur rouge et blanc profondément ancré. Pour cette rencontre si particulière, Julien Chassaing, l’homme qui parle à l’oreille de ses garçons, «veut offrir un match plein et intense, avec une grosse envie et plus de justesse». Concrètement face à une équipe de Salignac, forte devant, aux mauls conquérants et aux rucks efficaces, capable de jouer, une équipe qui a encore l’ambition de se qualifier, il faudra «tourner à plein régime».

Cela veut dire : gérer les temps forts en scorant et les temps faibles sans encaisser de points. Ce sera aussi récupérer le ballon, être efficace dans la conquête, mettre du rythme, se resserrer en défense, solides et solidaires, comme les capelains l’ont montré.

Les maîtres-mots pour confirmer, préparer avec confiance et sérénité le match de la semaine prochaine : barrage porteur de tous les espoirs de printemps radieux. Les deux équipes ont de l’appétit, elles ont travaillé, répété. Cette bande de copains veut aller plus loin et donner à son public, le meilleur, le plus beau. Loïc Marchoux, blessé, ne pourra mener ses copains, soudés, dans ce match singulier mais il leur a impulsé sa fougue et son courage.

Le groupe : Fogli, Couteleau, Gambararo, E. Cossu, Sicard, Pistore, Setze, Cocco, Vila, Laffont, B. Chassaing, Jones, Petit, Lagarde, Bonnifon, Rouault, Caresio, Duluc, Chabrot, Meytadier, P. Malby, T. Cossu.

Article source: https://www.ladepeche.fr/article/2018/03/31/2770849-offrir-un-feu-d-artifice-a-son-public.html

Tarnac. Feu d’artifice verbal en fin de procès, jugement le 12 avril

Hors norme, le procès Tarnac pour lequel huit membre d’une communauté libertaire ont été jugés pendant trois semaines pour association de malfaiteurs et dégradation d’une ligne SNCF, s’est achevé le 30 mars 2018 par une prise de parole débridée des prévenus avant que le jugement ne soit mis en délibéré au 12 avril.

Dans cette affaire retentissante et très politique, les huit prévenus de la communauté de Tarnac (Corrèze) ont été poursuivis pendant neuf ans pour terrorisme avant que cette qualification ne soit abandonnée.

La justice reproche aux cinq hommes et trois femmes, âgés de 31 à 43 ans, d’avoir participé au sabotage d’une ligne SNCF à Dhuisy (Seine-et-Marne) et organisé des actions violentes contre des intérêts de l’État, notamment le 3 novembre 2008 lors d’une manifestation à Vichy.

Des peines allant d’un simple amende avec sursis à six mois de prison ferme avaient été requises mercredi dans ce procès hors normes à Paris. Les avocats des huit accusés ont pour leur part plaidé leur relaxe.

“Vous vous attendiez à voir un gourou, une secte, des théoriciens d’une révolution violente et vous vous êtes retrouvés face à nous, incroyablement banals”, a lancé Mathieu Burnel alors que la présidente venait de donner une dernière fois la parole aux prévenus.

Il a ensuite commenté une phrase de la magistrate les qualifiant de “mal élevés”.

“Nous n’avons pas baissé les yeux, pas fait de courbettes, pas cédé au rituel de la soumission. Nous n’avons pas joué un rôle, nous nous sommes battus pour ne pas être écrasés”, a expliqué le prévenu. “Et quelle que soit l’issue du procès, nous n’en sortirons pas flétris mais plus forts”, a-t-il dit.

“Si vous pouvez nous juger, c’est parce qu’il y a eu des gens, un jour du 14 juillet, qui ont fait une émeute et même pris d’assaut une prison”, a asséné Julien Coupat, poursuivi notamment pour avoir commis des violences à Vichy.

Yildune Lévy a dit sa conviction que “l’organisation sociale et même cette justice n’étaient pas une fatalité” et qu’elle continuerait “à lutter pour un nouveau monde”.

“A l’heure où les libertés publiques se réduisent au nom de la lutte contre le terrorisme, vous, les juges, êtes le dernier rempart de nos libertés”, avait auparavant lancé le principal avocat du groupe, Jérémie Assous, après avoir dénoncé le rôle de l’antiterrorisme dans ce dossier.

– “secret défense” –

====================

“Votre décision est attendue par tous. Voulez-vous de ces méthodes? En refusant de les sanctionner, vous les encouragerez”, a-t-il prévenu.

Pour l’avocat, “la justice ne s’est jamais intéressée à la vérité” dans cette affaire. “Vous n’allez pas devoir juger des faits mais des pratiques policières encouragées par certains magistrats”, a-t-il déclaré.

L’avocat a notamment mis en cause “l’omniprésence” des services de renseignement, soumis au secret défense et dont on ne peut vérifier les informations qui sont ensuite judiciarisées, en dénonçant “des pratiques déloyales pour la défense”.

L’avocat a également souligné l’importance du récit du témoin anonyme T42, accablant pour le groupe de Tarnac: “c’est lui qui a justifié l’information judiciaire terroriste et le maintien en détention de Julien Coupat”.

Or, ce témoin, Jean-Hugues Bourgeois, est revenu sur sa version une fois son nom révélé dans les médias avant d’expliquer sur TF1 avoir signé un PV préparé par la police.

Me Assous s’est ensuite attaqué à la pièce maitresse de l’accusation: un procès verbal de filature de policiers qui affirment avoir vu la voiture de Coupat et Lévy stationnée dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 sur le site du sabotage de la ligne du TGV.

“Le policier n’a rien vu de ce que tout le monde à vu et on a rien vu de ce qu’il a vu”, a ironisé l’avocat, se référant à la reconstitution faite sur place le 23 mars.

Les policiers ont dit être retournés sur les voies vers 05H10 et avoir constaté des gerbes d’étincelles au passage d’un train de reconnaissance, sans toutefois remarquer le crochet posé sur la ligne.

“Mais comment le conducteur du train a-t-il pu ne pas les voir avec leurs lumières sur les voies”, s’est étonné l’avocat, mettant en cause la véracité de leur témoignage. “Ce document n’a aucune valeur probante”, a-t-il conclu en demandant au tribunal de l’”écarter”.

Article source: http://www.paris-normandie.fr/breves/normandie/tarnac-feu-d-artifice-verbal-en-fin-de-proces-jugement-le-12-avril-FG12637929

A World Premiere Stravinsky Recording & a Rousing Rite

Why review another recording of Stravinsky’s great ballet score for the 1913 season of Diaghilev’s Ballet Russes, Le Sacre du Printemps (The Rite of Spring)? Besides the fact that it’s a fabulous performance, it’s part of a disc that: 1) showcases one of our most renowned conductors, Riccardo Chailly, leading the superb Lucerne Festival Orchestra; 2) includes the world premiere recording of Stravinsky’s long-lost 11-minute Chant Funèbre, Op.5 (1908), a tribute to his late teacher, Rimsky-Korsakov, which disappeared after its first performance at a memorial concert in St. Petersburg in 1909 and was only re-discovered in 2015; and 3) places Rite in the context of that early work and three that preceded it, thereby affording a long view of Stravinsky’s path to first bloom artistic maturity.

Let’s start with the undisputed masterpiece. I haven’t heard Chailly’s 1985 recording of Rite with the Cleveland Orchestra, but this new live one, recorded 30 years later, puts him at the head of the orchestra he now leads. His assumption as Lucerne’s Music Director seems fitting, in that the Lucerne Festival Orchestra’s members were hand-picked by the late Claudio Abbado, who also chose Chailly as his Assistant Conductor at La Scala in 1978, when Abbado was that opera house’s Chief Conductor. (To come full circle, Chailly is now the current Chief Conductor at La Scala.)

The recording finds Chailly and the orchestra in superb form. Of immediate note, at the work’s start, is the sensuous freedom Chailly draws from solo bassoonist Guilhaume Santana, and how that remarkable line sets the tone of the entire work. The playing from there on is extremely atmospheric and, in 24/96 files graciously supplied by David Chesky at HDTracks, notably three-dimensional. The orchestra may, save for big, explosive passages, remain curiously concentrated in the center of the soundstage, but when the music opens up, all space between and above my Alexia 2 loudspeakers became consumed with sound.

Chailly revels in the contrasts between sections of the ballet where Stravinsky indulges in the lush and sensual, and others where orchestra and dancers go wild. The frenzy starts early, in the third section « Jeu de rapt » (Mock abduction), and then transitions to the wonderful exoticism of « Rondes printanières » (Spring rounds). Stravinsky doesn’t allow us to settle in very long, however, before the orchestra sounds a cry of alarm, and the Games of the Rival Tribes begin. If you’d love to indulge in more than a bit of animalistic brutality, Stravinsky style, followed by huge helpings of frenetic intensity, you will love this recording.

Another highlight of Chailly’s response to Stravinsky’s fantasy depiction of a so-called « pagan » ritual sacrifice is the trance-like atmosphere he creates at the start of « Cercles mystérieux des adolescentes » (Mystic Circles of the Young Girls), and how seamlessly he transitions from there back to savagery. If percussion here and elsewhere does not quite match the strongest depiction of same in the hi-rez version of Seattle Symphony’s Rite under Ludovic Morlot, that may be because I suspect some engineering chicanery during Seattle’s mixing process. Regardless, Chailly still packs a major wallop. And there is so much more to this great work than how loud the kettle drum can get.

Chailly and Lucerne also excel in the creation of a translucent soundfield from which oft-submerged inner detail can emerge. This, in part, may be a natural byproduct of an orchestra that includes current and former members of major chamber ensembles—artists who understand the importance of inner lines. In the Evocation of the Ancestors and subsequent Ritual, for example, I hear inner details, contrasting and clashing polyrhythms, and colors that are not to be heard from Seattle’s Rite and many other recordings.

The concluding Sacrificial Dance is not only much faster than many on record; it is also far more rhythmically precise. The sharp jaggedness of the finale is thrilling beyond belief. Curiously, Chailly does not summon forth the final big solo bang, but instead subsumes that pound into an orchestral chord. Whether this has to do with different revisions of the score—the liner notes do not say—I do not know. What I do know is that unless you must have the vaunted big pop, this Rite is an absolute keeper.

The recording is equally important for its four early works. Having heard a deeply moving live performance of the Chant funèbre in Seattle within the past year, I find Chailly’s rendition far more eerie and ominous in a science fiction/haunted house, film-score sense. (Check out the YouTube clip below to see what I mean.) Without question, the work’s chromaticism reflects a composer in transition to the much harsher and more revolutionary language he was soon to embrace (and then move on from).

After beginning the recording with the Funeral March, Chailly proceeds backwards in time to Feu d’artifice, Op.4 (Fireworks—1908), Scherzo fantastique (1907), and the very early Le Faune et la Bergère (The Faun and the Shepherdess—1906). With each step backwards, we hear more influence of the romantic composers who preceded Stravinsky. Mezzo-soprano Sophie Koch, recorded in her late ’40s, sounds far too mature for the shepherdess, and can no longer fully convey the light, flirty nature of her lines.

Regardless, to jump just five years from our sweet little faun and shepherdess to 1911, when Stravinsky began composing Le Sacre du Printemps, is to move from a crumbling old order of the late 19th century to a new world of constant clashes and changes. If members of the Second Viennese School (Schoenberg, Berg, and Webern) refused to march backwards, and instead more fully embraced the societal break-up that was underway, Stravinsky nonetheless paused to create some of the greatest, most colorful, and, at their premieres, most controversial balletic / orchestral spectacles of the early 20th century.

Which is another way of saying, this recording is more than a history lesson. It’s a thrilling journey, and highly recommended.

Article source: https://www.stereophile.com/content/world-premiere-stravinsky-recording-rousing-rite